D day. Une conviction : pas de certitudes

Je sais pas. Je sais pas comment ça va se passer. Je ne suis pas sûre de savoir où je vais atterrir, à quoi ça va ressembler. Alors ça m’angoisse, et ça m’excite en même temps. Comme c’est un voyage, des vacances, et que j’ai choisi la destination, j’arrive à me débarrasser de la couche de stress pour me focaliser uniquement sur les émotions positives. Je me prépare à kiffer, parce que quoiqu’il arrive, au fond, je sais que ça va être une aventure folle.

Même si je chope le palu, la dengue, dix gastro, je vais trouver le moyen d’en rire et ça me fera des bêtes de souvenir, parce que c’est mon état d’esprit. Et c’est un peu ce que je pars chercher, ou plutôt retrouver, au bout du monde. Cette naïveté d’enfant, qui faisait que chaque jour était une surprise, pas un traquenard.

Je veux me souvenir de ces sensations, du temps où l’incertitude des lendemains n’était qu’une source d’excitation, jamais d’angoisse. Parce qu’il ne pouvait rien m’arriver de grave. Et quand bien même un drame survenait, en souffrir par avance n’a jamais diminué la peine ressentie.

Je pars pour huit semaines d’inconnu total, et je ne me suis pas torturée avec tous les scénarios catastrophes qui pourraient se passer. La différence avec quand j’avais sept ans, c’est que là, j’ai déclaré mon voyage au service Ariane des Affaires Étrangères pour être prévenue en cas d’attaque terroriste, et que j’ai un stock de médocs suffisant pour survivre à douze gastros ET me prémunir du palu.

C’est plutôt un bon compromis d’adulte, je trouve. Continuer à me nourrir de cette belle insouciance enfantine, tout en étant préparée à affronter les déconvenues les plus attendues. J’ai peut-être un spray anti-moustique de trop, dans ce sac. Il servira peut-être à quelqu’un d’autre. Peut-être qu’il ne sert qu’à me rassurer… On s’en fout, en fait. Tout ça c’est du détail. Je viens apprendre à arrêter de me focaliser sur les détails de l’existence, du quotidien.

Je sais pas pourquoi on s’attache tant à se construire des certitudes. C’est jamais que des chateaux de cartes balayés par la réalité. Avant, je faisais des plans, pour tout, sur tout, tout le temps. C’était ma boussole dans la vie, j’avançais comme un joueur d’échec, avec quatre coups d’avance en tête — pour chaque scénario. Je faisais pas des choix, je dessinais des arbres, des flow-charts dans ma tête, pour ne pas être prise au dépourvu, jamais.

Mais depuis que j’ai arrêté de faire ça, j’ai perdu ma boussole. Je sais pas comment, mais je me suis perdue dans le process : tout ce cirque des choix, au départ, ça devait être juste un moyen, pas une finalité. Y a pas de bons ou de mauvais choix dans l’absolu, ça dépend de mes objectifs, de ma destination.

Au départ, c’était pour m’aider à prendre des grandes décisions de vie, mais aujourd’hui, j’ai l’impression que je calcule jusqu’à mes menus de la semaine, le programme de mes weekends, tout est planifié jusqu’aux heures de glande que je m’accorde. Que je m’octroie, devrais-je dire.

Alors avant tout ce bordel, comment je faisais mes choix, pourquoi ? Comme quand j’étais gamine, je crois : en fonction de ce qui me rend heureuse, de ce qui m’éclate, m’épanouit. Juste parce qu’aujourd’hui j’ai des contraintes à rajouter dans la balance, c’est pas une raison pour ne plus écouter ses envies.

C’est ça, « la boussole », au fond. C’est les « envies », que j’appellerais plutôt mes convictions, parce que toutes ne sont pas des kiff. Y a quelques chemins bien ardus aussi, beaucoup de boulot sur la route pour accomplir certains rêves, certaines ambitions. Mais au départ, y a toujours qu’une petite aiguille sur un cadran : la conviction que cette voie est la bonne, pour moi, à ce moment.

C’est pas grave de plonger dans l’inconnu, de naviguer dans un océan d’incertitudes. Ce qui compte, c’est d’avoir un cap, et de ceux-là, j’en ai plusieurs.

Une conviction, pas de certitudes.

And now… Off to adventures!!!!

giphy

PS : je ne serais pas de mauvaise foi, la sécurité, c’est hyper-confortable. Ça l’est infiniment plus que de suivre ses envies, vivre selon ses convictions, et prendre des risques. « Si c’était si facile, tout le monde le ferait » comme le chante si bien Orelsan.

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