D 10. We’ve been through worse times

On va pas se mentir, aujourd’hui, c’était dur. C’était dur, parce que j’ai réalisé que je n’allais plus pouvoir plonger jusqu’à la fin de la croisière. On arrivait sur les plus beaux sites de plongée du monde, et j’étais incapable de mettre la tête sous l’eau.

La veille encore, l’oreille bien rêche, je nourrissais l’espoir de sentir mon tympan se détendre en l’espace de 24-48h. Mais aujourd’hui, il fallait pourtant bien accepter l’évidence. Je n’entends plus rien du côté gauche, le moindre bâillement me déclenche une décharge électrique dans la mâchoire, et sans anti-inflammatoires, la douleur me fend le crâne en deux.

Le meilleur scénario que je puisse espérer de cette situation, c’est de m’en sortir sans infection, sans séquelles, avec une récupération de moins de 2 semaines au sec. C’est pas « au mieux, je peux replonger demain », c’est « au mieux, je vais pouvoir replonger avant la fin de mon séjour en Indonésie ».

Et ça sur le coup, ça pique un peu. J’ai laissé la déception me tomber dans la gorge, puis j’ai relevé la tête, et j’ai vu où j’étais. Dans le parc de Komodo, une merveille de la nature. J’ai pris l’habitude d’attendre le coucher du soleil sur le pont supérieur du Lambo, et le spectacle ne déçoit jamais.

Certes, je ne peux plus mettre la tête sous l’eau, mais le spectacle à la surface m’en fout plein la vue à toutes les heures de la journée, et particulièrement au crépuscule.

Tout bien réfléchi, on a connu pire endroit pour se payer une otite. On a connu pires circonstances, vraiment.

Les requins de Komodo m’attendront. À chaque plongée, mes compagnons de voyage en aperçoivent une flopée, à quelques mètres d’eux. C’est le spot, c’est écrit dans les guides. Donc je reviendrai, et ils seront toujours là.

Je suis un peu venue ici avec une idée fixe, celle de plonger, plonger, plonger, plonger, mais au final, j’en aurais presque oublié de lever les yeux du guidon pour apprécier tout ce qui m’entoure.

J’ai mis à profit les jours passés sur le bateau à apprendre des rudiments d’indonésien (déjà incollable sur les nombres, eh ouais), à lire l’histoire du pays et les guides de voyage qui me tombent sous les mains.

Tout compte fait, il n’y a pas que la plongée qui vaut le détour, dans le coin. Je fais bien de m’en rappeler.

— Dimanche 17 juillet

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