D. 24 Le soleil se couche derrière

J’ai raté le lever du soleil, ce matin. Ou plutôt, je l’ai devancé. J’étais réveillée de trois à plus de cinq heures du matin, obligée d’aller me réapprovisionner en eau potable à la fontaine. Trop tôt. Je me suis rendormie pour un nouveau cycle de trois heures, et je n’ai pas voulu me faire violence pour prendre part à la première plongée. Mon corps avait déjà subi suffisamment de violence ces derniers jours, entre les interminables trajets en wood-truck, en voiture, et ce périple en ferry qui m’a coûté les tripes.

J’ai émergé vers neuf heures, les plongeurs étaient déjà partis. Je me suis commandé un thé et des pancakes à la banane au petit-déjeuner, pas du tout végane, mais j’avais besoin du sucre, vraiment (et je voulais vérifier que je n’avais pas une gastro, DES FOIS QUE le mal de mer serait un mythe. Rien de tel que des produits laitiers pour me retourner l’estomac s’il est déjà en proie à une infection. Mais non, c’était bien le mal de mer. Goddamnit.)

J’ai passé toute la journée au même endroit : face à la mer, sur les coussins de la terrasse, les orteils en éventail. J’ai lu, écrit, relu, fait un tour sur madmoiZelle (pleuré de rire devant la lettre d’adieu de Jean-Monique), et fait un tour sur la plage, au coucher du soleil, enveloppé dans mon sarong (meilleur vêtement EVER) (les dames du bar m’ont demandé d’où il venait, elles ont reconnu les broderies typiques de Florès.)

Le soleil se couche derrière le bar, quelques part dans les terres. Enfin, on est orienté pas tout à fait plein sud, mais un peu vers l’est, je crois. Si le soleil se couche derrière, c’est qu’il se lèvera devant, demain matin.

Il se lèvera sur mes cinq prochaines semaines, les trente-cinq prochains jours, jusqu’au samedi 3 septembre, date de mon vol au départ de Makassar, pour Denpasar (Bali). C’est un autre voyage qui commence aujourd’hui. Fini les déménagements, les heures de routes, les recherches d’hôtel… Je reste ici.

Demain, je donne mes fringues à laver, et je rêve déjà du parfum de lessive sur mes quelques vêtements, dont je ne supporte plus l’odeur ni la texture. En vrai, c’est pas si terrible, ils ne puent pas, je les lave régulièrement à la main… Mais ils ont l’odeur âcre de l’eau dure, et le toucher rêche des tissus dont on ne prend pas soin.

Un petit luxe pour 25 000 roupies (même pas 2€), je m’en réjouis déjà.

Bira Dive Camp est encore mieux que ce que j’avais espéré. Il n’y a rien, c’est le désert, on est posé au bord de la plage et c’est tout. Je vais devoir aller en ville pour retirer 2 millions et me réapprovisionner en 3G pendant mon séjour, mais à part ça, il ne me manque rien.

J’ai du mal à réaliser que je vais rester « sur place » pendant aussi longtemps. Et en même temps, j’ai passé six heures à écrire tellement de trucs aujourd’hui que je pense que mon cerveau a compris qu’il pouvait se relâcher, arrêter de prévoir, et se mettre en mode inspiration roue libre.

Non vraiment, si on exclue la cohabitation avec les nombreux, énormes et flippants insectes qui vont partager mon quotidien pour les cinq prochaines semaines… Il ne me manque rien.

Et j’ai hâte que le soleil se lève, demain.

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