D. 14 Sept jours à quai

Le verdict est tombé : j’ai une otite — enfin, ce qu’il en reste, la marinade d’huile d’olive à l’ail et les anti-inflammatoires auront effectivement évité que l’infection ne passe de l’oreille externe à l’oreille interne. Mais voilà, il y a bien un dépôt bactérien au fond, là, et si mon tympan gauche a retrouvé sa souplesse (et moi, le sens de l’ouïe de ce côté), il n’est pas recommandé de le noyer d’eau chaude salée en lui plaquant 300% de variation de pression trois fois par jour.

Donc, l’excellent jeune médecin que j’ai vu ce matin m’a prescrit des gouttes et des pilules pour une semaine, et donné rendez-vous dans sept jours pour une visite de contrôle, date à laquelle il réserve son jugement sur la suite de mon aventure.

Il m’a laissé le choix, bien sûr. Je pouvais partir, il m’aurait écrit une ordonnance pour que je puisse aller voir un autre médecin, dans sept jours, où que je sois. Je suis allée m’assoir en terrasse, surplombant le port de Labuan Bajo, pour réfléchir à mes options.

D’abord, le constat : je ne plongerai pas à Komodo cette année. C’est vraiment rageant de passer, au final, près de deux semaines sur les plus beaux sites de plongée AU MONDE et de ne pas pouvoir mettre la tête sous l’eau. Je sais pas quelles forces cosmiques j’ai contrariées pour mériter pareille ironie du sort, mais soit.

Ensuite, les options : partir, ou rester à Florès. Partir, ce serait renoncer de moi-même à mon plan A, et partir directement pour Sulawesi en attendant « le verdict » sur place serait d’autant plus cruel et difficile à encaisser s’il était négatif. Tant que je n’ai pas mis les pieds sur le camp, je ne sais pas trop ce que je rate… Et je ne suis pas sûre de savoir quoi faire à Sulawesi une fois que j’y serai si je ne peux pas plonger. Repartir finirait par être couteux : j’ai déjà réservé mon billet d’avion retour de Makassar pour Denpasar le 3 septembre, que je ne peux pas annuler, évidemment.

Perdre 60€, ça va, mais re-payer peut-être le double pour rallier Jakarta… ça va finir par être cher.

C’est donc l’option « rester » qui l’a emporté. D’une part, parce que j’ai l’impression d’avoir passé mon temps à courir en avant depuis mon arrivée, vers la prochaine étape de mon programme. Quitte à être clouée à quai, j’ai envie de m’arrêter vraiment quelques jours, et de prendre mon temps ici.

L’Internet est encore plus dégueulasse qu’à Gili Trawangan, même ma 3G indonésienne déconne, c’est infesté de moustiques et de touristes, la rue principale est blindée de shops de plongée (so much for distraction), mais ça va le faire.

J’ai attendu patiemment 14h pour pouvoir aller rejoindre le « homestay » que j’avais réservé pour 5 nuits, pour découvrir qu’en fait, ils ne prennent pas vraiment les réservations (ce qui rend leur utilisation de booking.com pour le moins surprenante, mais bon).

J’ai pris le « sorry we are full » des deux jeunes femmes de l’accueil avec une bien bonne humeur, considérant que je déteste que mes plans soient contrariés, habituellement. (Mais, haha, depuis hier, les habitudes et moi, on est en phase de rupture.) Pendant mon tour de la ville à la recherche d’un médecin, j’avais repéré un peu par hasard la terrasse du Bajo View, un hostel extrêmement pas cher et pour une bonne raison : en guise de chambre, ce sont des tentes demi-cylindriques, avec deux matelas et deux oreillers posés dedans. Et c’est tout.

Mais la vue depuis la terrasse est superbe. Il y a aussi des tentes avec vue pour 10 000 Rp de plus, mais je ne voulais pas faire des folies. J’ai donc « un toit » — façon de parler, pour les quatre prochaines nuits. 400 000 Rp les quatre nuits, soit moins de 30€. Imbattable !

J’ai quand même investi une demi-heure à installer convenablement ma moustiquaire au-dessus de mon matelas, et à organiser mes affaires de sorte à toujours porter sur moi mon cash et mes objets précieux : téléphone, ordinateur, passeport… Il n’y a que l’ordinateur de plongée qui reste planqué dans le cadavre de mon sac à dos, au milieu des fringues un peu poisseuses à force d’être lavées au savon seulement et constamment pulvérisées d’anti-moustique. J’ai vraiment pas la fois de le porter au poignet, pas en me sachant bloquée à quai.

Mais bon. Je vais passer les trois prochains jours à Labuan Bajo, probablement à écrire, lire, et boire des jus de citron sans sucre depuis des terrasses aux vues exceptionnelles. Puis, je vais essayer de partir en excursion dans les montagnes lundi, mardi et mercredi, pour être de retour chez mon ami le médecin jeudi 28. Si mon oreille s’est bien défendue, il y a un ferry pour Bira le 29…

Si non, il y aura sans doute un avion pour Java aussi tôt que possible, et cinq semaines passées à rallier Denpasar à travers les volcans (et les lieux culturels remarquables du sud-est de Java).

Mais je ne m’interdis pas de rester quelques jours dans un endroit dépaysant. Je ne m’interdis rien, en fait. Je suis déjà tributaire de tant de paramètres qui m’échappent complètement, je vais pas me rajouter des contraintes.

C’était le quatorzième jour. Déjà deux semaines que je suis là, seulement deux semaines, en fait. J’ai l’impression d’être partie depuis des mois, et que le retour est tout proche. Même en passant sept jours ici, le plus gros du voyage reste encore devant moi.

Deux semaines. Il était temps que je me pose un peu !

D. 13 Force of habit

J’avais jamais remarqué à quelle vitesse les habitudes s’installent. Un jour nouveau, plus de structure, et il n’en faut qu’un deuxième au même endroit, dans les mêmes conditions, pour que déjà, des mécanismes apparaissent. Les prémices des habitudes ne sont autres que des rudiments de confort : ce sont des graines plantées sur la terre brûlée, qui en germant, installeront un environnement de sécurité. Plus le temps passe, et plus leurs racines sont profondes. Plus il devient difficile de s’en détacher.

Jusqu’à ce qu’un feu ravage tout, et que l’on se retrouve à nu.

Un jour, deux jours, six jours et ces manies du quotidien sont revenues, plus coriaces que la mauvaise graine. Elles pousseraient n’importe où, même sur le pont d’un navire violemment balloté par la houle. J’ai passé sept jours sur le Lambo, et c’était déjà un de trop, sur la fin. Le sixième jour était trop confortable pour me surprendre. Au septième, je n’ai même pas pris la peine de monter sur le sundeck pour admirer le coucher du soleil.

Force of habit. Parce que des habitudes nait la routine, et de la routine nait l’ennui. Sans que je ne m’en rende compte, mes habitudes parisiennes étaient devenues une camisole de force, qui m’immobilisait. « Pas le temps » pour ci ou ça, vous comprenez, je dois d’abord faire toutes ces tâches dont certaines finissent davantage par relever du rituel que d’une quelconque recherche de productivité.

Les habitudes m’étouffent bien plus qu’elles ne me soulagent. Je m’en fous, finalement, de ne pas savoir où je vais dormir la nuit prochaine. Je trouve bien plus anxiogène le prospect de connaître avec certitude le déroulé des 365 jours à venir. Manger à heures fixes plutôt que selon mon appétit, dormir un « quota » quotidien plutôt que selon mes besoins, faire du sport en salle comme un hamster en cage, pour éliminer le surplus des calories ingurgitées lors de repas trop riches et trop nombreux pour une vie trop sédentaire… Quelle angoisse !

Il m’aura fallu cinq jours en mer et pas moins de dix jours à des années lumières de ma zone de confort pour me rendre compte qu’une importante partie de l’ennuie qui m’étouffe inexorablement provient de mes propres habitudes. De moi-même, donc. Parce que je ne pensais vraiment pas réussir à m’ennuyer au bout du monde.

Mais les habitudes poussent toujours aussi vite sous les tropiques.

Le chef de croisière avait ses habitudes, à Labuan Bajo. Apéro au « Pirate », depuis un rooftop certes très classe, mais au standing et aux prix très européens : pas du tout le genre d’établissement dans lequel j’aime dépenser mes dollars en voyage. Puis, dîner dans un resto italien, supposément le meilleur de la ville (ce qui ne devrait pas être trop difficile, vu la taille de l’agglomération et le peu d’appétence des locaux pour la pizza). Là encore, mon coeur ne se serait pas tourné vers un choix entre pasta et pizza, pour ma première soirée sur l’île de Florès. Fussent-elles les meilleures de l’île.

Mais j’avoue que c’est étrange de dîner dans une terrasse couverte abondamment ventilé (avec un four à pizza par 30°C, aussi…), de déguster des plats parfaitement européens (c’est un vrai Italien qui dirige la maison), le tout pour une addition de… 7€, pour ma part : une pizza végétarienne sans fromage et un jus de citron.

Et puis, sans nous demander notre avis, il nous a embarqué pour « Le Paradise », un autre bar avec vue, où des musiciens se succédaient sur l’estrade.

On n’aurait pas pu lui faire entendre qu’on préférait aller flâner au marché aux poissons, ou dîner dans un boui-boui où la carte n’est pas traduite en anglais — profitant de sa présence à nos côtés pour appréhender cette situation légèrement périlleuse ! Mais non, il avait sa pizza en tête depuis le début du voyage, il nous en avait parlé dès le premier jour.

C’est marrant, de voir un grand baroudeur aussi englué dans ses habitudes. T’as beau parcourir les sept mers, quand t’arrives au port, tu ne te poses pas de questions.

Je vais mettre à profit les jours à venir pour faire le tri dans mes habitudes. Je vais faire l’inventaire de mes manies, de mes rituels, définir les bases de mon confort et les limites du luxe. Et je serai attentive, dès la rentrée, à ne pas laisser ces graines dégénérer en forêt vierge, me faire clouer sur place par un lierre de petites contraintes fondues dans une sensation de familier.

Cet été, je laisse mon quotidien en jachère. Avec la ferme intention d’y faire pousser des merveilles dès la rentrée.

— Mercredi 20 juillet

D. 12 La matière dont les rêves sont faits

Manta Point. J’ai pas écouté le briefing de la plongée, parce que j’avais mis de l’huile à l’ail dans mon oreille une grosse demi-heure plus tôt, et que je voulais la laisser en place encore un peu plus longtemps. Et puis surtout, j’avais pas envie d’écouter le briefing de départ en plongée à Manta Point, où le groupe s’apprêtait à aller observer les raies manta en pleine nature.

Aujourd’hui, encore une fois, je reste au sec, alors je retourne dormir. Et puis, Nasir, notre chef cuisinier à bord, est venu me tirer de ma demi-sieste.

« Manta ! Manta ! Manta ! »

Pas moins de quatre raies manta affleuraient aux environs du bateau. Le capitaine a coupé le moteur, et nous a laissé dériver quelques instants. Je ne voyais que quelques morceaux d’ailes dépasser de l’eau par intermittence, mais cette seule présence suffisait à me filer la chair de poule. Imaginer ces animaux gigantesques à quelques mètres de moi, même si je ne pouvais pas les distinguer sous les reflets du soleil, c’était déjà intimidant.

Mais Nasir est allé à la proue du bateau, aux côtés d’Hapis, notre mécano. Ils m’ont appelée, et je les ai rejoints, non sans appréhension : il n’y a plus de pont à ce niveau, il faut poser ses appuis sur les poutres de la structure, et se tenir aux cordages tendus jusqu’à la pointe. À quelques mètres sous mes orteils, l’eau était transparente. On voyait le fond sans souci, et il y en avait pour plus de dix mètres.

Et puis, j’ai retenu mon souffle, même si c’était inutile, puisque je n’étais pas sous l’eau, mais c’était tout comme : deux raies manta se sont approchées du bateau en volant gracieusement, à quelques centimètres sous la surface. Je n’ai jamais vu un animal sauvage aussi grand, d’aussi près, à l’état naturel. Et c’était beau. Que ces animaux sont beaux, immenses, libres, nonchalants et majestueux à la fois. Monstrueux aussi, avec cette gueule d’extraterrestre, qui s’ouvre pour avaler du plancton.

On m’avait dit deux mètres d’envergure, et on ne m’avait pas menti. Deux mètres de peau noire (vue d’au-dessus) et de soie blanche, découverte lorsque la bête se retourne ou prend un virage un peu serré, mais toujours aussi lent et ample. Avec sa queue longue et fine comme un fouet de cuir, et ses espèces d’antennes, on dirait un vampire en cape.

Superbes. Mes exclamations ont fini par rester au fond de ma gorge, et j’en ai eu les larmes aux yeux. Je n’avais jamais vu d’animal aussi impressionnant.

Et cette journée s’achève exactement où elle avait démarré : lorsque le capitaine a allumé les machines, l’aube commençait à peine. Je suis montée sur le pont supérieur, pour regarder le soleil réapparaître exactement en face de l’endroit où nous l’avions vu disparaître douze heures auparavant.

Et ce soir, au son de ma playlist (décidément for bien garnie) #IbaliveIcandive, je suis à nouveau posée sur le toit, en train d’imprimer dans ma mémoire chaque centimètre carré de ce panorama sur 360°C, parce que ce paysage est de la matière dont les rêves sont faits.

Je l’imprime pour que mon subconscient sache me ressortir ce décor avec précision les soirs où j’aurais besoin de chaleur et de réconfort pour trouver le sommeil. Lorsqu’il cherchera des idées de monstres à projeter pour exorciser des angoisses trop réelles pour que je puisse fermer l’oeil, il pourra toujours invoquer des vampires en forme de raies manta.

La surface de l’eau est presque parfaitement lisse, rompue par intermittence lorsque les tortues sortent la tête et le sommet de leur carapace pour prendre quelques respirations, avant de disparaître aussi subtilement qu’elles étaient apparues.

Des traînes de fumée balaient le ciel, allumées par les derniers rayons du soleil mourant. Derrière moi, des monts abruptes cachent maladroitement la rocaille volcanique et la pierre rouge sous de grossières mailles de végétation. À leurs pieds, toute une jungle s’est développée sur les marécages, qui abritent sans doute des nuées de chauve-souris.

Le vent est doux. Et je suis bien. J’ai compris le secret des gens heureux.

— Mardi 19 juillet

D. 11 L’île aux chauve-souris

J’avais jamais vu autant de chauve-souris de ma vie, surtout pas d’aussi grosses ! On aurait dit des poulets volants.

On était là, posé•es sur le pont supérieur du Lambo, à admirer le coucher du soleil — encore un, quelque peu étouffé par les nuages moutonnants, au-dessus des monts coniques de Komodo. Devant nous, au premier plan, un îlot marécageux recouvert de jungle émet des couinements inquiétants.

Dès les derniers rayons absorbés par la terre, au moment où le ciel laisse déteindre ses derniers éclats de roses en bleu, elles ont commencé à sortir de la jungle, en une nuée lente et gracieuse. Elles passaient au-dessus de nous, à quelques mètres de nos têtes — elles étaient énormes !

Le spectacle a duré une quinzaine de minutes, et je ne saurais le décrire. J’ai commencé par m’exclamer toutes les trente secondes, pour finir le souffle coupé. Les chauve-souris de Komodo partent chasser, elles reviendront se coucher dans ces marécages feuillus avant l’aube.

Ce soir, les nuages ont étouffé la lune, presque pleine, qui m’éblouissait il y a quelques minutes encore.

Ce matin, lorsque j’ai ouvert les yeux, j’ai été surprise de me trouver là, sur le pont intermédiaire d’un navire en bois, qui grince doucement à chaque mouvement d’eau sous sa coque. Un vent déjà chaud me chatouillait les orteils, tout doucement. Suffisamment doux pour avoir laissé les paravents rangés avant de nous coucher. Alors ce matin, rien n’obstruait la vue, au réveil.

La lagune où nous avions mouillé pour la nuit prenait progressivement sa couleur insolente, et à l’horizon, le vert saisissant des collines volcaniques de l’archipel de Komodo contrastait avec le ciel bleu tissé de soie blanche.

J’avais toujours mal à l’oreille, mais ce matin, j’ai éclaté de rire. Bordel. Je crois que c’est le réveil le plus incroyable de ma vie.

J’ai occupé une partie de ma journée à lire le Lonely Planet sur Java, où se trouvent plusieurs volcans qui me font clairement de l’oeil. Si ma prochaine visite chez un médecin se conclut par une interdiction de plonger (ou qu’on me le déconseille) pendant plusieurs semaines, je change de plans. Je largue les palmes et le shorty, et je prends un avion pour Jakarta.

De là, je vais tenter de vivre quelques jours chez l’habitant (un programme d’échange culturel sympathique trouvé dans le guide), et je consacre le mois prochain à faire la tournée des volcans.

On a connu pire plan B.
🙂

— Lundi 18 juillet

D 10. We’ve been through worse times

On va pas se mentir, aujourd’hui, c’était dur. C’était dur, parce que j’ai réalisé que je n’allais plus pouvoir plonger jusqu’à la fin de la croisière. On arrivait sur les plus beaux sites de plongée du monde, et j’étais incapable de mettre la tête sous l’eau.

La veille encore, l’oreille bien rêche, je nourrissais l’espoir de sentir mon tympan se détendre en l’espace de 24-48h. Mais aujourd’hui, il fallait pourtant bien accepter l’évidence. Je n’entends plus rien du côté gauche, le moindre bâillement me déclenche une décharge électrique dans la mâchoire, et sans anti-inflammatoires, la douleur me fend le crâne en deux.

Le meilleur scénario que je puisse espérer de cette situation, c’est de m’en sortir sans infection, sans séquelles, avec une récupération de moins de 2 semaines au sec. C’est pas « au mieux, je peux replonger demain », c’est « au mieux, je vais pouvoir replonger avant la fin de mon séjour en Indonésie ».

Et ça sur le coup, ça pique un peu. J’ai laissé la déception me tomber dans la gorge, puis j’ai relevé la tête, et j’ai vu où j’étais. Dans le parc de Komodo, une merveille de la nature. J’ai pris l’habitude d’attendre le coucher du soleil sur le pont supérieur du Lambo, et le spectacle ne déçoit jamais.

Certes, je ne peux plus mettre la tête sous l’eau, mais le spectacle à la surface m’en fout plein la vue à toutes les heures de la journée, et particulièrement au crépuscule.

Tout bien réfléchi, on a connu pire endroit pour se payer une otite. On a connu pires circonstances, vraiment.

Les requins de Komodo m’attendront. À chaque plongée, mes compagnons de voyage en aperçoivent une flopée, à quelques mètres d’eux. C’est le spot, c’est écrit dans les guides. Donc je reviendrai, et ils seront toujours là.

Je suis un peu venue ici avec une idée fixe, celle de plonger, plonger, plonger, plonger, mais au final, j’en aurais presque oublié de lever les yeux du guidon pour apprécier tout ce qui m’entoure.

J’ai mis à profit les jours passés sur le bateau à apprendre des rudiments d’indonésien (déjà incollable sur les nombres, eh ouais), à lire l’histoire du pays et les guides de voyage qui me tombent sous les mains.

Tout compte fait, il n’y a pas que la plongée qui vaut le détour, dans le coin. Je fais bien de m’en rappeler.

— Dimanche 17 juillet

D 7. Mon premier requin <3

Pourquoi a-t-on si peur des requins ? C’est eux qui ont peur de nous.

J’ai arrêté d’écrire mon journal pour plusieurs raisons. La première est essentiellement pragmatique : embarquée sur un bateau, je me suis retrouvée dans l’incapacité de me tenir en position assise, devant un écran, à taper des trucs. J’ai passé la première nuit allongée, et la deuxième nuit aussi, mais sans le contenu de mon estomac cette fois-ci.

Autant dire qu’étaler mes états d’âme était loin de mes priorités, j’étais trop occupée à tenter de ne pas étaler mes tripes un peu partout sur notre vaisseau.

Et puis surtout, jeudi 14 juillet, lorsque nous avons traversé une zone de réception 3G, il y a eu ces messages incompréhensibles, ces tweets étranges, ces conversations communes dont j’avais perdu le fil, vraisemblablement, et ce SMS cryptique de mon père, qui contenait finalement la clé :

« Tu as vu l’actu ? Nice ? »

Le fait que j’ai immédiatement pensé à un attentat en dit long sur le conditionnement de la terreur subi depuis janvier 2015. Encore un attentat, donc. Encore des morts, provoqués délibérément, dans le but de faire mal, de choquer, de faire peur, de faire souffrir, de faire pleurer.

Jeudi 14 juillet, au soir, j’avais l’oreille gauche en feu, ça voulait dire plus de plongée jusqu’à ce que la douleur disparaisse complètement, on va pas risquer de se perforer un tympan dès le deuxième jour de la croisière, ce serait vraiment con, et irresponsable.

Mais ce soir-là, au final, c’était pas grave. C’est quoi, une otite sous les tropiques, quand à six heures de décalage horaire, mes ami•es, mes collègues, mes concitoyen•nes, nous pleurons encore des morts, des morts injustes, des morts absurdes, des morts insupportables de violence et d’inutilité.

Bref. J’ai cinq jours de journal à rattraper… Et je vais doubler mes planches dès mon retour sur la terre ferme : une le matin, une le soir avant la douche.

Jeudi 14 juillet 2016, j’ai vu mon premier requin, et fait ma 70ème plongée. Mais tout ceci a été rendu anecdotique par une tragédie qui me dépasse.

— Jeudi 14 juillet

D 6. En voiture Simone

Ok j’ai rien écrit le 13, mais c’est vraiment pas facile d’écrire sur un bateau, et surtout pas la première soirée. J’ai lutté pour ne pas être malade, ou plutôt, j’ai tenté de lâcher prise au maximum pour que mon corps arrête de chercher à tout prix la stabilité.

On a embarqué vers 16h30, et levé l’ancre une petite heure plus tard. Juste à temps pour voir le soleil se coucher sur les îles Gili, depuis le sundeck du voilier. Le Lambo est un navire en bois, de fabrication traditionnelle à Bira, au sud de Sulawesi — ma prochaine destination, après Labuan Bajo, où notre croisière doit se terminer le 21 juillet, au petit matin.

D’ici là, 20 plongées sont au programme, et l’on devrait y voir des merveilles.

En attendant le départ, j’ai passé une partie de la journée au Chill Out Bar, un établissement qui porte fort bien son nom. J’ai mis à profit ces heures « à tuer » au bord de la plage en relisant le premier jet de mon deuxième roman, craché fin février. Ah ben j’ai bien vu le problème avec cette première mouture. Je vois tout ce qu’il manque, tout ce qu’il y a en trop, qu’est-ce qui fait que c’est chiant à lire, même pour moi. Alors que le premier roman, je prends toujours du plaisir à le relire — j’en suis à la cinquième relecture.

Ça me rassure, de constater que je suis capable d’être auto-critique sur mes écrits. Il suffit juste que je laisse passer l’émotion du moment, surtout celle qui m’a fait écrire. Un peu de temps, un changement d’état d’esprit (qui n’a pas besoin de prendre des mois, en vrai), et je suis capable de me relire avec un oeil neuf, et exigeant.

Good to know.

— Mercredi 13 juillet

D 5. What it takes to be(come) a Dive Master

I don’t remember the last time I had a long term objective this precise, let alone one I actually pursued with this much dedication. And it’s no joke, by the way. I can’t think of anyone who would spend the third day of their dream vacation learning the many ways someone can die, playing through accident scenarios, learning how to break ribs to save a life, and so on. (Yeah that rib thing did traumatise me quite some.) I had to know what I was doing, and be determined to see this through, in order to spend three dives in these phenomenal waters learning how to assist an inexperienced diver, rather than just drifting through the most wonderful real life aquarium I had ever seen.

When I first thought of becoming a Dive Master, it was in the form of a challenge. I met a girl, six years younger than me, not much fitter than I was, most probably not smarter than me. She had done it. So could I, if I really wanted to, uh?

But why would I want to do that? To what end? I’m no longer a student, looking for a smart and cheap way to spend as much time as possible in the most beautiful places of the world. I’m turning thirty this year, surly I need to be thinking of real estate and retirement plans, not travel hacks and a clever escape to some paradisiac island, shouldn’t I?

That’s the first step of going after your dreams, isn’t it? To realise you’re allowed to stray away from the beaten tracks. Once you take that step, and allow yourself to actually turn a crazy thought into a « why the fuck not » impulse, then comes step two: will power. If you really want this, you’ll find a way. No matter how scary it may seem, or difficult it may be.

I never thought myself capable of keeping my cool under water, yet the more I dive, the better I feel. It’s been nearly two years since I’ve started, and I haven’t hit that frustrating ceiling yet, that moment when I don’t make any progress anymore, but I do, in fact, keep getting better and better. And my first instructor knows how far I’ve come down that road, if my very first dive was any indication… (hashtag panic attack on the way to the diving site, let’s not forget).

A year and a half later, here I am, in Indonesia, starting my training. If everything goes according to plans, I could very well be a Dive Master at the end of the summer. I would be a professional diver. An actual hard skill that I can find work with, a job that would require living near the ocean, diving frequently, meeting new people, and practising my foreign languages — even learn some new ones, enough to brief visiting divers and show marine life.

I am looking at the Diving Instructors who have taught me rescue and emergency first response these past three days, thinking: that could be me (Instructor is a step above Dive Master, but one that I intend to take with a little more experience). That could be me, clearing up the dock at the end of the day, preparing the gear and boat rotations for the next morning. Welcoming guests. Training experienced divers, introducing the activity to beginners. That could be me. And I very much like that thought.

I could be living in my bathing suit, and using all the spare time provided by the long afternoons and evenings, the lack of guests, the weather delays, to write. All the novels I have in store, somewhere up in my mind. I could use the relaxing feeling triggered by every submarine immersion to draw endless inspiration. Who needs to get drunk when you can achieve this level of serenity by practicing your actual occupation?

Now I know. Dive Master is a great responsibility. I’d have to stay alert at all times, and assist my divers. Should anything happen, I need to act without fail, for a small mistake underwater can become a great accident. But even this kind of positive stress does not dull my senses, nor my inspiration. And with more experience, I’m confident that I would be able to resolve many more stressful situations, beyond the few (twisted!) scenarios that my Instructor has pulled on me during our three training dives.

« Dive, eat, sleep »: #LifeGoal

So there I am. On the threshold of a new choice, profiling ahead, months, maybe years away… Maybe less. As difficult as that upcoming choice may be, the hardest is yet to come. I may feel confident enough to play Dive Master to an Instructor pretending to be inexperienced, I may be skilled enough to assist an average diver, but I’m a long way away from being able to calm down a stressed beginner, yet alone defuse a panic underwater. I’ve got decent skills, good reflexes, and cool-quick thinking. That’s a start. But not the end of the road, far from it.

It’s an exciting journey, and I intent to enjoy every minute of it. May it be discussing pulmonary oedemas under a parasol, or suffering a sunburn from playing drowned & rescue in a pool for 3 hours, or gazing at my very first giant sea turtle, resting on a reef, with a fish nested on top of her shell.

I had to blink a few time under my mask, the salty water stuck to my lashes wasn’t from the sea.

Ultimately, I don’t know whether or not I’ve got what it takes to become a Dive Master, then an Instructor, to do this job. One thing I’m sure of though: I won’t find out until I’ve tried, with everything I’ve got.

Bring it on: I’m doing this 200%.

Oh, and by the way: I passed. Emergency First Response and Rescue. I’m qualified to coordinate a rescue. And I actually feel confident that I could if — God forbid, I ever needed to.

D 4. Drowning feelings & Rescue training

France lost the Euro Cup, but it wasn’t the worse part of my evening. I had set an alarm clock at 3 in the morning, a rather pointless idea, since I wake up naturally at the end of every cycle, due to the uncomfortable heat.

At 2:50, I opened both eyes, and decided to make my way to the Tourist Avenue (probably not called that, but let’s face it: it is what it is), where I would find a bar showing the game. The first one I encountered would do, and it was packed with the French crowd.

Evidently the vast majority of the audience had not gone to bed at ten to wake up at three, this was the continuation of a holiday night in a open club, where cocktails cost a little under 5€, and beer are ridiculously cheap (and light).

The behaviour, attitudes and speech that I witnessed towards the local population or even the other tourists were despicable. Those guys couldn’t have shamed me more. Part of me does not regret France’s loss. I can’t imagine what the celebratory parties would have been like, with this kind of crowd. It’s this kind of blatant disrespect that drive perfect paradises into tourist traps, with the local population living separately, mixing with the foreign crowd only to get a maximum price out of them, no cultural exchange, minimum communication.

Thank You Bar/Restaurant

Quite the contrary of my second favorite place in the island (after The Yoga Place): the Thank You Bar/Restaurant. From the outside, it looks like another touristy place from its menu displaying « european food ». But the complete menu actually contains many more local suggestions, at really low prices, up to a third of what you could buy on « Tourist Avenue ».

I’ve been there tonight for the second time in a row (and a plate of noodle at 25 000 Rp, with Lime Juice at 20 000 Rp, for a total price under 3,50 €.) And the young waiter recognised me, so we talked for a bit. Enough for me to remember his name (Fidel), and teach him to say « Ravi de te rencontrer », since he took pride in welcoming me in french this evening, and teaching me the indonesian name of my favorite dish so far.

I’m probably going to get my last meal on Gili from this place too.

Death 3 — 4 rescue

So today was day one of practical rescue training. It was time to take the theory to the field, and just like yesterday, I told my (new) instructor that I intended to become a Dive Master myself, so these rescue skills were actual responses and reflexes that I needed to develop. I am into this as training, as in « for real, bitches ».

So he upped the stakes just enough to make it challenging for me. And this is how another day I thought would be spent memorising steps for an exam turned out to be a very productive and interesting learning process. I discovered that I would be able to assist a drowning grown man, and even lift him outside of a pool. Apparently I can do that with someone that weighs up to 30% more than my own weight. Which amounts to about 90kg. That’s a lot of people I can actually heave up like this.

Let’s see if I can remember the core procedures.

Unconscious diver under water

  • Tap his shoulder, try to get a reaction
  • Wave before his eyes (in case he’s just really distracted)
  • Check his meter (does he still have air?)

Alright let’s lift him up slowly to the surface — slowly being the recommended pace under 9 meter per minute. BUT FIRST: send up your SMB (Surface Marker Buoy), to signal the ships that you’re coming up.

Right. Let’s proceed to the ascension:

  • Start inflating his jacket
  • Place right hand under right jacket shoulder strap, to open airway & maintain respirator
  • Place left hand on his BCD inflator, and continue inflating
  • Pull your own weight backward to lift the victim vertically
  • Maintain balance by placing his tank between my legs (and keep steady with fins)
  • Monitor ascension by keeping an eye on my computer, inside left wrist

Upon breaking the surface, the procedure continues same as with an unconscious diver at the surface.

Unconscious diver at the surface

No reaction? Turn him around on his back

  • Inflate BCD to achieve positive buoyancy (for me as well by the way, shouldn’t need mentioning).
  • Remove his mask & respirator, check for pulse — OPEN AIRWAY and keep positioned with left arm under his neck, left hand pulling the chin upward.

CALL FOR HELP: signal the boat crew that you have an unconscious diver with a pulse

(No pulse? Let’s tow him to the boat ASAP, we need a hard surface to initiate CPR)

Alright: two breaths in through the nose, mouth closed.

  • 1 Mississippi (where are his buckle straps?) 2 Mississippi (there I’ve located them — unbuckle chest) 3 Mississippi (unbuckle ventral) 4 Mississippi (ditch his weight) and on 5 Mississippi insuffle one breath.
  • 1 Mississippi (unscratch ventral) 2 Mississippi (unclip both shoulder) 3 Mississippi (my chest) 4 Mississippi (my ventral) and 5 Mississippi one more breath.
  • 1 Mississippi (unscratch my ventral) 2 Mississippi (ditch my weight) 3 Mississippi (alright is he clear?) 4 Mississippi (am I clear ?) and 5 Mississippi one more breath.

…All the while, towing the victime towards the boat, maintaining open airway.

Then place both hands on the boat, and hope that someone will help me hoist him up (because that can be quite a challenge).

Panicked diver at the surface

Diver diver, inflate your BCD!

— a panicked diver will not respond nor act, especially if he’s drowning.

  • Drop below the surface and assist from behind, so he can’t pull me under.
  • Grab his inflator, inflate BCD to achieve positive buoyancy.

Yes I can

It’s the kind of question that keep me awake at night. Like, how would I act under pressure? Would I keep a cool head? How about fixing a problem? What if I can’t figure it out, wouldn’t I start panicking as well?

Well, thanks to my savvy instructor, I now have an answer to these questions: yes, I would keep cool, no I wouldn’t panic. He tricked me under water by putting all his weight on the same side, which I couldn’t see since it was inside a pocket. I didn’t resolve the issue on my own, but I did identify the cause, and I wasn’t bothered in anyway by my failing.

We dived for over forty minutes, and it was like floating through fireworks of multicolour fishes. Granted, I had to intervene on my « buddy » several times, but no situation really triggered any stress at all.

When we resurfaced, I was ecstatic. So many fishes, so different, sizes shapes and colours unknown to me, I was laughing, respirator dangling by my side, mask around my left arm, when he dropped. As if his vest had sunk with him in it, and he started moving water jerkingly around, trying to stay afloat.

My reaction was almost instantaneous. As I yelled him to inflate his BCD, I was already securing my own mask and respirator. Before he could grab me, I dropped under, and I don’t think that I have ever mastered an immersion this quickly. The trick is to exhale all the air out of the lungs, which apparently, I can achieve better under pressure.

I broke out again in his back, pulled down his tank while grabbing the BCD control, and started to inflate. He tried a grab at me again, but I was out of the way.

My reaction was quick, right, rid of panic or any parasitic gesture or emotion. I knew he couldn’t really be drowning, but he caught me completely by surprise, in a moment of euphoria post-diving.

If my first response is this efficient when my guard is down, I am confident that I’ll be able to handle many stressful situations being fully prepared and alert.

And that lesson is priceless to me.

The real test will be, again, when I’ll ask my instructor tomorrow: after these two days of training, would you feel confident pairing me up with an unreliable diver? Would you trust me to handle any stressors that may occur under water?

If the answer is yes, then that’s the pass I’m really after.

A day like this could only end on the same beach as yesterday, at sunset. Even though I did manage to get a sunburn on both arms and part of my face, I can’t really be mad at myself (I did put sunscreen on, clearly not often enough though).

It’s day four, I’ve already lost my zero-sunburn-challenge, and this will probably get worse in the weeks to come, but I know how to save a life and more importantly, how to prevent a situation from coming to that point.

All in all, another very, very good day.

The sound of the day: Come on get higher, by Matt Nathanson

« I miss the sound of your voice
And I miss the rush of your skin
And I miss the still of the silence
As you breathe out and I breathe in

If I could walk on water
If I could tell you what’s next
I’d make you believe
I’d make you forget

So come on, get higher, loosen my lips
Faith and desire and the swing of your hips
Just pull me down hard
And drown me in love »

D 3. How to Save a Life

I want to keep a picture of this moment. But I can’t. The light is so special, it doesn’t show right on my miserable phone camera. And I can’t have that paradisiac landscape butchered in a low quality photography. So I just sit there — or rather, lay there, in my long chair, and I take in every detail of this barely credible place.

White sand stuck to my toes, after I washed off the dust of the road into the cristal blue waters of the lagoon. A hundred meters ahead, round waves roll up against a coral reef, and crash into a soothing noise. Out back, behind me, several beach clubs are playing summer hits, and the deep electro beats melt in together quite pleasantly.

Above, a sea of clouds is expanding from the east, shadowing the green mounts of Lombok. Patches of blue sky peak through the soft cotton pads. And to my right, the sun is slowly making its descent into the sea. The clouds haven’t reached that side of the picture yet, and the still waters of the lagoon shine a silvery reflection of the virgin skies, transpierced only by the fire track of the sun, and few dark rocks peaking above the surface, here and there.

The air is warm but feels fresh breathing in, and tastes salty on the palace. And I’m here, legs crossed on my chair, typing this all out to take this memory with me. I want to remember every detail, from the perfect green rolls of the wave to the colourful bikinis and the happy cheers of all the people enjoying this scenery, toasting to their holidays.

Beyond the reef, the fishermen are out, and a dozen of tiny boats are scouting the horizon.

So this is what a paradise looks like, up close

The light is fading, and soon, the island will become dark. I’m supposed to make my way back to the main street, lined up with bars and restaurant, serving touristy food and all kinds of drinks. The Wimbledon final in on at 8:30pm, and France is playing Portugal in the Euro Cup final at 3am tonight… Unsure whether or not I’ll make it.

Rescue training, Emergency First Response

It has been a long and trying day, but pleasant overall, and I see how that can be a paradox. My whole day was dedicated to my Emergency First Response training. It’s part of the skills required of a rescue diver, to anticipate and, in the event of an accident, to act as first responder. But the EFR training isn’t focused on diving accident, which has been extremely appreciable. I am now qualified to intervene and assist any victim, anywhere.

I spent the whole day with my instructor, asking questions about all the scenarios I had in mind, especially all the you-should-never & you-must-always myths. So spoiler alert: there’s no « you should never » in first response, but rather always assess the situation before doing anything, then assess whether or not the victim is conscious, and call for help. Then it’s mostly administering a first treatment if available (so on a diving boat, most probably, anywhere else, rather unlikely) and above all, monitoring vitals, trying to figure out what happened, gather as many informations as accurate as possible for the actual rescue team.

This is a training course, so there was an exam, but the real test I wanted to take, was to ask my instructor if he would feel confident if I were the first responder to an accident involving him. That’s the ultimate test, isn’t it? Would you trust this person you’ve just met this morning with your life? Are you confident enough in her training, and her ability to keep a cool head, to make the right calls in the right timing?

And would I be confident enough to step out and take charge as first responder on the scene of an accident? After today? Yes. And that’s what feels so good about this day. It wasn’t the first time I had listened to the litany of first treatments and major emergency procedures, but it was the first time I was hearing the practical side of them. The perks of your teacher being an actual EMT, for sure. So this is not theoretical to him, it’s over 8 years of field experience, that he has shared with me today. That’s how I finally learnt that the point of CPR is to get the blood flowing (not to jumpstart the heart, neither can you do that with electric shocks on a flatline), and that initiating CPR will result in breaking the ribs (that’s how you know you’re doing it right).

Well I’m certainly glad I didn’t find that out on the my first actual CPR. Breaking ribs feels easier if your first victim is a mannequin. (Sorry Annie) (Yeah that’s her name).

I thought I was going to suffer through yet another CPR initiation, but this day turned out to be most instructive, even enjoyable, in spite of the gruesome topic we ended up discussing, like triage of the victims, and making hard calls that may end up in someone’s death. Because sometimes, the right call is far from easy.

Today was also the first time I had a real conversation in over 4 days. I left Wednesday afternoon, and I hadn’t really spoken to anyone beyond the niceties until today. And it felt great.

The night is young

By the time I was finished writing today’s entry, the sun had sunk into the sea, not without turning the sky into a striking shade of pink. Everyone is taking pictures of the big fiery ball. I’m taking it all in. When I die, I hope this memory flashes before my eyes. Then I’ll remember where I had found peace, this time around.

The waters are now so still, one could walk upon the steely surface. Just like in a dream.

PS : I got two new weird insect bites, and counted five giant spiders (size of my whole hand) hanging outside my dorm’s window, one meter away (and they still look huge at that distance). And the freaking mosquitoes are biting THROUGH the clothing, so much for wearing long sleeves & pants. Looks like I will be drawing my last breath any day soon… Hashtag drama queen.

Day three just ended. But the night is young !

Sound of the evening: How to Save a Life, by The Fray