D. 42 Est-ce que la nostalgie se dissipe avec le temps ?

Je me suis laissée surprendre par la nuit. Il est plus de 21h, mes paupières sont lourdes et mes épaules endolories. J’ai couru ce matin, nagé cet après midi (cette bullshitteuse d’oreille se comporte normalement), j’ai animé une journée d’exam et de tests pour 2 débutants… Et j’ai fini par me poser un peu.

Au crépuscule, la lune a volé la vedette. L’énorme sphère dorée s’est levée comme un soleil éteint, au beau milieu d’un ciel pastel, doux comme les reflets de nacre du sable blanc, tiède entre mes orteils.

Je suis restée longtemps les pieds dans la caresse de la marée descendante, à écraser les ondes dessinées par la fuite de l’eau sur le sable trempé. Sous la lune.

Un soir comme celui-ci appartient à ces jours frappés d’éternité. On ne les emportera pas au Paradis, car il en regorge déjà.

J’ai pas d’inspiration, ce soir. Ou plutôt, j’ai trop d’inspiration. C’est le bordel. J’ai pas envie de démêler les noeuds. J’ai passé la soirée étrangère aux conversations, mais baignée de l’ambiance chaleureuse de la terrasse cosmopolite (mais très française ce soir).

Avant, j’aurais bu un verre. Ou plusieurs. Désormais, je laisse les émotions infuser, et m’envelopper. Je n’ai plus peur de les ressentir dans toute leur intensité.

Élucubrations au crépuscule

Est-ce que la nostalgie se dissipe, plus le temps passe ? Est-ce qu’on arrête de se languir du passé quand on commence à se réjouir du futur ? Est-ce que je serais moins nostalgique si je pouvais prédire l’avenir ?

Est-ce vraiment le passé que l’on regrette, ou le confort de la certitude d’un monde connu, face à l’excitation mêlée d’angoisse des lendemains indécis, flous, indéterminés ?

Un peu tout ça, peut-être. J’ai la sensation d’être en train d’écrire et de tourner une page de ma vie, en même temps. Je suis fière et gonflée de nostalgie en regardant derrière, fière et gonflée d’envie en regardant devant.

Au fond, j’ai déjà le pouvoir de prédire l’avenir, en mieux : j’ai celui de le construire, le façonner selon mes envies. Je pense que la nostalgie grandit avec le temps, chez les gens qui subissent leur existence. Plus j’avance, et plus j’agis, moins je regrette ces moments qui me faisaient rêver à mettre ma vie sur pause, pour en profiter plus longtemps.

Est-ce que le bonheur a toujours un arrière goût d’amertume ? Peut-être. Comme ces mets raffinés qui écoeurent à l’excès, mais ravissent dans l’exception.

Ce soir, je me prélasse dans la perfection de ces instants, fruits du hasard et de la vie que je me suis construite. Un choix à la fois, au gré de mes inspirations.

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