D. 49 It’s the details that will throw you off your game

Chances are, I won’t ever drop in the water for a dive forgetting my tank. And even if I did, there would be someone to point out the problem. It’s not the big, obvious mistakes you’ve got to worry about. You know the drill, you run the show, this is not a challenge. But it’s the details that will throw you off your game. A grain of sand grinding a smooth mechanic of well shaped habits.

I’ve been diving here for a little over 3 weeks, so focused on working on my leadership skills, improving the way I divide my attention between finding interesting stuff, and keeping an eye on my divers.

Because I’ve been carrying extra-weight most of the time, in case a diver needs some extra during a dive, I’ve neglected my own balance in the process.

Three weeks. And I’ve let this issue completely under the radar, not noticing its impact on my general behaviour underwater.

When I was practising how to properly demonstrate skills underwater with Laura, I was thrown off balance so often it became frustrating. I could not complete a sequence properly, when I had to struggle just to keep kneeling straight at the bottom.

Laura suggested that I added some weight next time, and I did, this morning, when I had another go at the exercice, this time in front of an actual student.

Granted, the conditions were not ideal, because the current was much stronger. But again, I struggled to keep my balance, and failed multiple times, constantly falling forward.

Once you know it, it becomes obvious

Needless to say, I wasn’t at all satisfied of my performance this morning. Once out of the water, Laura pointed out the problem to me:

« You need to wear your weight at the back. Not in the front. This is why you keep falling forward ».

So I was wearing the right amount of weight, just not in the right place. Of course, once she had pointed it out, I couldn’t believe how I had not seen it myself. I’m wearing all 3.5 kg at the front of my belt, and the extra kilo in the side pocket, also forward. Nothing cancels out the upward pull of the aluminum tank strapped to my back.

THIS IS WHY I’M FALLING FORWARD ALL THE TIME LOL. How did I not see that? For THREE FREAKING WEEKS???

Because it’s the details that will throw you off your game. The ones only an expert eye can see, the ones that creep up on you through « the habits that kill », the ones you can only get rid of by performing rigorous checks and asking yourself the right questions.

About those damn « habits that kill »

Interestingly enough, I did identify the source of the problem: it’s through what I’ve called « a habit that kills » that I came to wear my weights on the front, without even questioning why I always wear them there.

I am used to dive with a steel tank, which are shorter and denser than aluminum tanks. This is why I usually wear weights on the front, to avoid getting the weights pressed against my spine by the tank.

But when diving with an aluminum tank, I should have questioned this habit. It’s not the comfort that drives the decision, it’s the balance issue. Had I thought about that, I would have realised that I was wearing my weight on the wrong side.

But I didn’t. Force of habit. And I blamed external elements for my failure to master proper balance at all times.

Lesson one: you probably have the key to correct your own failure

So, two lessons must be learnt out of this experience: the first, is that I should look into my own behaviour for mistakes & potential improvements BEFORE blaming the elements or any outside influence.

It’s always so tempting to try and find an outside explanation for failure, even the little ones. But this is a dead end, when it comes to self-improvement. So what if the current was, in fact, making it difficult for me to keep my balance? Laura was managing perfectly. So it was achievable.

Lesson two: it’s the details that’ll throw you off your game

The second lesson, is the next step to follow from the first one: pay attention to details. It’s unlikely I’ll make a huge obvious mistake, with no one around to point it out to me. But I will look past an intermediary checkpoint, I will forget about the little things that pave out the way to perfection.

As my 11th Grade Drama teacher used to have us repeat every day:

« Excellence consists in doing ordinary things extraordinarily well »

You can hop on one leg while taking care of other people’s problems, because they matter more at the moment. But when your other leg gives way from exhaustion, a fat lot of good it’ll do you if you’re falling down too.

I should not have overlooked my balance issue for this long. When I really needed to be on my A-game, I couldn’t bring it. Worse, I couldn’t even figure out WHY I couldn’t bring it.

I learn a great deal from my failures, especially the smallest ones.

I moved the weight to the back of my belt for this afternoon’s dives.

My life underwater has just become a whole lot easier. Funny how much influence those little details can have…

D. 46 How can I help?

De l’aide. En recevoir, en demander, c’est difficile. On n’a pas l’habitude. C’est perçu comme une faiblesse. Et pourtant, c’est un moyen d’aller de l’avant.

Aujourd’hui, j’ai fait une plongée « pédagogique » : Laura (mon instructrice) et moi, on s’est posées par 13 mètre de fond, sur le sable, et on passé 48 minutes à répéter des gestes. Perdre et remettre son détendeur. Enlever et remettre son masque. Enlever et remettre sa ceinture de plomb, sa stab & la bouteille, nager sans masque, faire une remontée d’urgence, une remontée assistée, etc…

Une vingtaine de « compétences » dont je découvrais la plupart, n’ayant pas appris à les exécuter moi-même en France (parce qu’en soi, y a zéro raison de et zéro difficulté à enlever et remettre quoi que ce soit sous l’eau).

Mais faut pas juste savoir le faire : comme je viens de le dire, y a pas de difficulté. Faut savoir l’enseigner. Faut pouvoir exécuter les gestes suffisamment lentement, amplement, en soulignant suffisamment chaque étape, pour que l’élève en face puisse répéter la séquence et réussir la compétence.

Travaux pratiques

De retour au camp, pas le temps de lézarder au soleil, on repart pour une troisième plongée, après une grosse heure de pause. Un client veut tester la plongée, Laura l’emmène pour un baptème — avec moi.

Romain est français, donc j’ai commencé à taper la discute. Donc Laura m’a proposé de prendre les commandes : tu lui montres l’équipement, tu lui expliques tout, comment ça marche, à quoi ça sert, comment on l’utilise, et les 2 compétences qu’il va devoir réaliser sous l’eau : lâcher-reprise d’embout, et vidage de masque. OK?

OK.

C’est plus de la théorie, c’est même plus de la pratique, c’est In Real Life, sans filet. Le mec, si je le briefe mal, si je le surveille mal, il risque une surpression pulmonaire. Même à 10 mètres, ouais.

Et sous l’eau, il a eu plusieurs galères. Je le voyais, lutter pour équilibrer ses oreilles. Et j’arrêtais pas de me dire : est-ce que j’en ai trop dit ? Pas assez ? Est-ce que je lui ai mis trop de pression ? Pas assez ? Est-ce qu’il a peur de descendre parce qu’il a peur de se faire mal, ou est-ce qu’il se fait déjà mal en forçant ?

Comment tu aides quelqu’un que tu vois galérer, mais avec qui tu as du mal à communiquer ?

Je le voyais, galérer avec sa stab. Mettre trop d’air. Pas assez. Et puis, le dilemme : si je prends les choses en main, ça va attaquer sa confiance. « Laisse, je gère », sous entendu « parce que tu t’en sors pas ». Alors je démontre. Je démontre encore. Il n’imite pas comme il faut.

Comment tu aides quelqu’un que tu vois galérer sans le faire douter de ses propres capacités à résoudre le problème ?

J’ai appris à demander de l’aide, reste à apprendre à en apporter

C’était dur, aujourd’hui. Dur de se mettre à la place de l’élève pour décortiquer geste après geste des séquences que j’ai déjà intégrées dans mes automatismes. Dur d’être à la place du moniteur pour un novice absolu, d’être dans cette impuissance relative, et pourtant responsable.

Cette journée m’a fait réfléchir à l’aide. J’ai déjà appris à demander de l’aide, et c’était pas facile, tant cette forme d’humilité raisonnable est vue d’un mauvais oeil dans nos sociétés. Moi, je sais que c’est une forme de sagesse et de maturité.

Mais je dois encore apprendre à aider les autres. Proposer de l’aide, apporter de l’aide à ceux qui en demandent.

C’est un sujet complexe, faut que j’y réfléchisse. J’ai pas encore digéré cette journée. Parce qu’elle a été chargée :

– première plongée, Shark Point, je sers de guide à deux Espagnoles (Elles m’ont dit : « tu es une super guide, je me suis vraiment sentie en sécurité ! ») (et puis je leur ai débusqué deux tortues donc je suis un peu leur star)

– intervalle de surface : Laura me fait nager un 400M « nu » (sans masque ni palmes ni combi, juste en maillot), chronométrés. Je fais un 10min30 de merde, mais y avait du courant sur la moitié de la distance…

– deuxième plongée : plongée « pédagogique ». Je suis sortie lessivée.

– Pause dej (après avoir rangé le matos de la matinée et déchargé une partie du bateau)

– troisième plongée : le baptême de Romain, que j’ai équipé, briefé, coaché, accompagné pendant toute sa plongée (y compris sa remontée accidentelle, et sa ré-immersion).

– …re-rinçage et rangement du matos, je vais me doucher, et de retour à la terrasse :

– une Française vient se renseigner pour passer son Open Water, donc j’offre nos services en français.

– je débrief toutes les compétences que j’ai foirées, je détaille les séquences à l’écrit pour les revoir avec Laura

– Laura me demande de l’aide avec un client espagnol qui parle très mal anglais, j’me retrouve à improviser un coup de fil en espagnol pour préparer les sorties du lendemain (Jaume, donc, nous rejoint pour deux plongées demain).

Help. Help help help. Pourquoi des fois c’est facile d’aider les gens, et parfois, il faudrait presque trouver une parade juste pour prêter main forte ?

Comment on aide à apprendre ? #WorkInProgress.

À suivre… Ce soir, j’ai posé les questions. Demain, je chercherai les réponses. Pour l’heure, je vais me coucher. Je suis épuisée.

PS : j’ai corrigé mille coquilles à la première relecture, à ce compte-là il doit en rester plein. Signe s’il en est qu’il est temps de mettre les méninges en veille…

D. 44 Good Leadership Takes Practice

Hier matin, Laura (mon instructrice) m’a laissé gérer les deux plongées de la journée. À charge pour moi de faire le briefing pré-plongée, de prendre toutes les décisions de la mise à l’eau à la remontée, et bien sûr, de guider la plongée.

Avec une seule plongeuse à bord hier, le challenge n’était pas le nombre, mais bien le rôle.

C’est dur, d’incarner le leadership. Il faut inspirer confiance, en démontrant de l’assurance. Il faut inspirer de la sympathie, en démontrant de l’humilité. Il faut être solide sur ses appuis, sans donner l’impression d’être bornée.

Il faut prendre des décisions, il faut remporter l’adhésion du groupe pour que ces décisions soient suivies. Il faut assumer les conséquences des problèmes qui surviennent, qu’ils découlent d’erreurs ou de circonstances, qu’on en porte la faute ou non : on en porte néanmoins la responsabilité.

Il faut être humain avec la force d’un être invincible, rester humble comme si le destin pouvait nous faucher demain.

Et de fait, en plongée, une erreur, un problème, peuvent avoir des conséquences dramatiques.

Leading takes practice…

Alors hier matin, même si je n’avais qu’une seule plongeuse à encadrer, plutôt expérimentée (50 plongées, Advanced), le défi était de taille.

Aujourd’hui, on a remis ça, mais avec 2 plongeurs Advanced, sur deux plongées supplémentaires. Mais cette fois-ci, Laura m’a laissée en charge de toute l’organisation, y compris l’accueil des clients, l’équipement, les formalités administratives, la vérification des certifications, bien sûr le briefing et toute la gestion de la plongée.

— Quelques notes à moi-même au sujet
du leadership et de ses challenges —

Confiance, sincérité et écoute de l’autre = la base

Ta confiance en toi doit être sincère, pas gonflée artificiellement. Ça sert à rien de se montrer plus sûre que l’on est, ça ne fait que renforcer la méfiance et le doute de l’autre.
Un bon moyen de le vérifier, c’est ma capacité à ressentir le niveau de stress de mon interlocutrice.

En l’occurrence, mon premier briefing était dans l’over-assurance. Je récitais dans ma tête les points obligatoires, les débitant avec la confiance d’une hôtesse de l’air qui démontre les règles de sécurité pour la 12 657ème fois de sa vie.

Ce n’est qu’au moment où je suis sortie de « mon personnage » pour demander à Laura si je n’avais rien oublié d’essentiel (spoiler alert : j’avais oublié un truc essentiel) que j’ai remarqué que ma plongeuse écoutait mon échange « stagiaire-prof » avec la même attention religieuse que mon briefing… Et j’ai percuté : stress.

En fait elle avait peur des requins, elle n’en avait jamais vu en plongée, et on était au bien nommé « Shark Point ». Et elle n’était jamais descendue à plus de 25m, alors que je venais de lui annoncer 30m en profondeur max.

Bon. Je lui ai demandé si elle était stressée, et elle a répondu oui. Donc j’ai mis en place avec elle des signes pour qu’elle puisse me dire sous l’eau « je veux remonter un peu » et « stop je veux sortir de l’eau » pour éviter une panique.

J’ai vu dans son comportement que ça l’a considérablement détendue : elle avait désormais les moyens de désamorcer des situations la mettant potentiellement mal à l’aise.

Et j’ai percuté que si j’avais pas cherché à dissimuler mon manque criant d’expérience dans l’art du briefing en tentant d’apparaître bien plus confiante que je ne l’étais, j’aurais chopé son stress plus tôt, et adapté mon briefing en conséquence.

Et en prime, ça aurait boosté ma confiance à moi, de me retrouver en face d’une personne qui s’en remet à moi pour assurer sa sécurité, plutôt que de me dire « c’est une plongeuse expérimentée, elle va me juger si je me plante ».

Je propose de ne plus me préoccuper à l’avenir des « on va me juger SI », et de gérer le problème du jugement si et quand il se présente. #NoteToSelf

Calme et sérénité permettent de multi-tasker en paix

Mise à l’eau, on descend, et là, les ennuis commencent. Je dois :

  • accompagner la descente de mon élève
  • repérer et gérer ses (éventuels) problèmes (elle avait des cheveux dans son masque, qui causaient des fuites)
  • toujours être plus bas, et devant elle…
  • …mais rester assez proche pour intervenir en cas de problème
  • surveiller mon profondimètre pour pas dépasser la profondeur max
  • surveiller le décompte de mon temps avant paliers de décompression (pour ne pas choper de palier)
  • surveiller ma consommation d’air
  • surveiller sa consommation d’air en lui demandant régulièrement…
  • …mais pas trop souvent non plus pour pas la saouler
  • gérer nos efforts respectifs vis-à-vis du courant
  • ET trouver des trucs à lui montrer planqués dans les coraux
  • ET surveiller le bleu des fois que des gros trucs passent
  • ET gérer l’orientation générale de notre progression

…Et tout ça c’est dans la phase zen, après on embraye avec la remontée.

Donc que s’est-il passé dans les premières dix minutes ? J’étais débordée. Je chéckais tout en boucle, sans retenir ce que je voyais, et j’ai eu mal au crâne. LA PRESSION, mais pas celle de l’eau, lol.

Ça sert à rien de tout faire en même temps, et bloquer mon cerveau en mode « HIGH ALERT » ou « VIGILANCE CONSTANTE » ne me rend pas plus efficace, au contraire : ça m’épuise. Ça me pompe l’air, littéralement. J’ai jamais consommé autant en dix minutes.

Bref. Stop. Respire. Relax. Zen. Et on reprend.

Et en fait, en mode « ZEN », j’ai trouvé une séquence pratique qui me permet de combiner toutes mes tâches dans un ordre logique, et efficace.

Est-ce que c’était si difficile ? Non. J’ai remis ça cet après-midi, pour ma 4ème plongée en guide, avec ma palanquée de deux plongeurs et mon instructrice. J’ai mené le groupe dans le plus grand des calmes, malgré plusieurs difficultés qui m’auraient sans doute stressée la veille :

  • descente très lente car mon oreille droite passait mal
  • je ne connaissais pas DU TOUT le site, première plongée dessus
  • ma palanquée comprenait un photographe, pire espèce de plongeurs à encadrer, vu qu’ils s’arrêtent douze plombes pour prendre des photos
  • j’ai flirté avec ma limite de décompression sur la fin, mon ordinateur étant visiblement beaucoup plus pénalisant que celui de Laura.

C’est fou ce que j’arrive à gérer quand je ne m’autorise pas à stresser, mais que je me concentre uniquement sur la gestion du ou des problèmes à anticiper, éviter ou résoudre.

Je me propose de ranger le stress dans la boîte à énergie, à vidanger quotidiennement par le sport, par exemple. #NoteToSelf

Listen & Learn : les deux ailes du succès

Pour être honnête, je pratique déjà cette philosophie, mais je me la répète ici pour bien continuer à l’inclure comme l’un des piliers essentiels de mon leadership.

C’est pas écrit dans les bouquins de théorie, parce qu’on peut pas savoir à l’avance sur quel type de plongeurs on va tomber, s’ils aiment le macro, le micro, le bleu, le fond, le courant,… S’ils sont à l’aise, nerveux, s’ils veulent se laisser guider ou si ça les fait chier parce qu’ils aiment l’autonomie, s’ils consomment beaucoup ou pas, s’ils sont susceptibles au stress et à la panique…

C’est pas écrit. Je peux en deviner une partie, mais surtout, je peux leur parler. Je peux leur demander ces informations. Je peux les écouter, quand ils parlent entre eux, quand ils posent des questions. Je peux leur poser des questions, la façon dont je les pose, la façon dont ils répondent me donnent d’autres informations.

Je peux les écouter quand ils me donnent du feedback, quand des gens plus expérimentés me racontent leurs faits d’armes, lorsqu’ils me donnent des conseils ciblés. Quand des gens moins expérimentés me font un rapport d’étonnement, me posent des questions « naïves » en apparence, mais pertinentes au fond.

L’information est un flux constant, à moi d’en tirer le nécessaire et l’utile, et de l’alimenter pour ceux qui y puisent aussi leurs ressources.

Je propose de continuer à considérer les gens qui m’entourent comme des ressources, une mine d’information, et jamais comme des pions à gérer. Respecter et prendre en compte leur individualité n’est pas seulement la clé d’un management safe et épanouissant pour tout le monde, c’est aussi une garantie d’enrichissement et d’amélioration continue pour moi.

Les gens qui réussissent ne réussissent jamais seuls. #NoteToSelf

…Oublie pas de kiffer

J’ai failli oublier. Et pourtant, ça aussi, c’est un essentiel du leadership. Je ne suis pas un martyr. J’ai pas perdu à la courte paille. J’ai choisi d’être là, j’ai choisi d’assumer cette responsabilité, parce que JE KIFFE ÇA.

C’est fucking grisant d’être à la barre, d’avoir face à moi des gens qui écoutent mes consignes, parce qu’ils savent que c’est la clé d’une plongée zen et cool.

Et même si j’ai une sacrée part de cerveau investie à anticiper et gérer les problèmes des autres, quand je suis en équilibre dans le bleu, je suis dans le kiff absolu.

C’est dur, c’est stressant, y a de la pression, y aura des défis que j’imagine pas encore, y aura des attentes, des décisions difficiles à prendre, de l’autorité à démontrer et à faire respecter, ce sera pas toujours facile au quotidien, je sais.

Mais j’ai choisi ça parce que je kiffe. Je ne risque pas de l’oublier.

…Mais juste au cas où : meuf, n’oublie pas de kiffer. #NoteToSelf

Le leadership, ça demande de l’entraînement, de l’expérience. Mais j’ai déjà des bonnes bases, il me semble.

D. 40 Don’t tell me what I can’t do

Je suis nulle en maths (mais badass en auto-persuasion).

Ça me tue. Je me souviens du moment exact où j’ai arrêté les maths, dans ma tête. Je ne sais plus quel jour c’était, mais j’avais 10 ans, j’étais en CM2, j’avais des zéros en problèmes, et je comprenais pas pourquoi j’avais faux.

« L’excuse »

Et c’est la première fois que j’ai entendu « c’est une littéraire ! ». Comme une excuse. Une excuse comme un sortilège. Et à mesure que ma scolarité progressait, l’excuse est revenue, jusque dans la bouche de mes professeurs. Je pensais avoir repris la main, retrouvé confiance, mais la prof principale, ma prof de maths en 3ème l’a (re)dit à mon père :

« Clémence n’est pas une matheuse, c’est une bosseuse.»

J’ai raccroché une deuxième fois. De là, je n’ai plus réussi à reprendre la main. En Seconde, les problèmes étaient devenus insolubles. En Première, j’échangeais les réponses des DM de maths contre des plans de dissertations de philo. J’essayais même plus. Play to your strength, right. À quoi ça sert de nager à contre courant ? Je m’épuise et je perds mon temps. Je ne suis pas une matheuse. Adios la carrière scientifique, c’est pas pour moi.

En Terminale, j’avais abandonné. J’ai préféré apprendre par coeur des corrigés d’exercice, 3 par chapitre, plus de 40 chapitres au programme, excusez du peu. J’ai préféré apprendre par coeur des putains de corrigés d’exercice plutôt que d’essayer de comprendre ce qu’on me demandait, ce que je faisais. C’était plus facile de faire marcher ma mémoire que mes méninges.

Je ne suis pas une matheuse.

Je ne suis pas une matheuse.

J’avais même pas besoin de me le répéter, j’en étais déjà convaincue.

Je ne suis pas une matheuse.

Je me suis rendue incapable

Je m’étais dit que je n’avais pas le choix : je ne suis pas une matheuse, vous comprenez. Je ne PEUX PAS résoudre des problèmes, j’ai pas le bon logiciel installé dans la tête.

Je ne peux pas. Je ne sais pas. Je ne suis pas capable.

J’ai eu mon bac en 2005. On est en 2016. Onze ans plus tard, je suis vautrée dans un canap’, avec vue sur la plage, mon bouquin de théorie ouvert à côté. Mais je m’en sers même pas, je me souviens encore de certaines formules : PV = nRT. La constante d’Avogadro. Le principe d’Archimède. Toutes celles qui j’avais gravé « par coeur » dans le disque dur, sans savoir qu’en faire.

Les énoncés de problèmes qui me faisaient perdre mes moyens, parce que j’avais pas les moyens de les comprendre, n’est-ce pas.

L’inertie des croyances limitantes…

En onze ans, qu’est-ce qui a changé ? J’ai arrêté de me dire que j’en étais pas capable. C’est du français, je sais lire le français. C’est des chiffres, je sais faire des calculs. Si je sais compter la monnaie au bar, je sais additionner les pressions en plongée. Au pire, si j’ai un doute, j’arrive à évaluer l’ordre de grandeur de la réponse. Si ça doit être beaucoup plus ou beaucoup moins, ou à peu près pareil.

Reste à traduire les mots en chiffres. Poser le problème. Mais poser le problème, c’est utiliser des outils pour construire le raisonnement. Ça aussi, je sais faire. Parfois les outils ne me sont pas familiers : je lis la notice. C’est le théorème, la règle, le principe.

Parfois j’ai besoin d’exemples pour apprendre à manier l’outil. Parfois j’ai besoin de m’exercer pour être sûre de bien savoir l’utiliser. Parfois je me plante, et je me corrige, pour utiliser l’outil correctement.

Et aujourd’hui, face à la mer, dans le chill le plus total, j’enchaîne les calculs de pressions-volumes-densités comme si j’avais fait ça toute ma vie. J’ai même de la musique en fond, parce que ça me faisait chier.

Don’t ever tell me again that I can’t do something

C’est les mêmes problèmes qui me faisaient suer il y a onze ans, et j’ai pas ouvert un bouquin de physique depuis onze ans. À quoi bon, je suis pas une matheuse, vous comprenez.

Mais bordel. Combien d’autres trucs dans ma vie, me suis-je persuadée (ou laissée convaincre) que j’étais incapable de faire ?

Il suffisait juste que je me débarrasse de cette conviction erronée : je ne suis pas une matheuse. Non écoutez, je n’ai pas un don inné pour les maths. Comme je n’ai pas des capacités sportives naturelles exceptionnelles. Je ne suis pas pour autant handicapée : les muscles, ça se travaille. Le muscle des maths aussi.

Ça fatigue, ça fait suer, parfois ça fait mal, parfois faut faire un break, mais c’est possible. J’en suis capable. Pourquoi je n’en serais pas capable, au fond ?

J’ai l’impression d’avoir entretenue une cécité hystérique pendant toutes ces années. Juste parce qu’en maths, les réponses ne me venaient pas aussi spontanément que les dates des batailles napoléoniennes (vachement moins utile que les applications pratiques du principe d’Archimede, by the way).

Ne vous avisez plus jamais de me dire que je ne suis « pas ceci » ou « pas faite pour cela ».

Ou plutôt, faites-le. Je me ferais un plaisir de vous démontrer le contraire.

Les démonstrations, ça me vient tout seul maintenant.

PS : un de mes plans de carrière « pré-retraite », c’était de finir par passer des concours externes de la fonction publique et quand même bosser dans la juridiction administrative. Parce que le droit c’est mon dada, et que je suis cap’ de réussir un concours en candidat libre.

Forget that. J’en suis à me dire que j’vais finir par devenir ingénieure et développer la recherche en plongée. S’il y a une frontière ouverte, c’est bien celle qui sépare l’homme des fonds marins.

Ça m’occupera jusqu’à la mort.

D. 38 Learning from mistakes

Il faut apprendre de ses erreurs. Je suis rarement aussi péremptoire dans mes introspections, mais celle-ci est une leçon que je voudrais voir enseignée avec la même insistance que le théorème de Pythagore. Elle servirait bien plus souvent, d’ailleurs.

La leçon qu’on peut en tirer est parfois (souvent ?) le seul et unique bénéfice à récupérer d’une erreur. Alors si on ne va pas l’extraire, si on se contente d’enregistrer un échec, c’est un double échec qu’on devrait prendre en compte.

Si on apprend pourquoi on s’est planté, comment ne pas reproduire l’erreur, ça peut même devenir un zéro échec : la leçon est finalement plus importante que le résultat qu’on espérait atteindre.

Les erreurs ne sont pas des échecs tant qu’on en tire quelque chose

Je m’en fous de faire une, trois, cinq ou douze fautes à un QCM. L’essentiel est que j’imprime, que je grave dans le marbre de ma mémoire les réponses aux questions qui m’ont posé problème, lorsqu’il s’agit de notions essentielles.

Je fais ça depuis si longtemps que j’ai oublié que ce n’était pas naturel pour tout le monde. Mais je ne me vois pas exercer une position d’instructeur, d’enseignant, de « coach » sans être capable de transmettre en premier lieu cette leçon essentielle : les erreurs ne sont pas des échecs tant qu’on en tire quelque chose. Un feedback. Un principe. Une méthode. Une leçon. Une expérience.

Comment apprendre de ses erreurs ?

J’ai récemment découvert que le meilleur moyen de transmettre quelque chose était de raconter mon propre cheminement.

Comment je suis passée de la peur de l’échec à l’analyse froide et dépassionnée de mes erreurs ?

Tout est dans le « dépassionné », justement. Pour pouvoir apprendre d’un événement, il faut en détacher la charge émotionnelle. Fuck, j’ai merdé. OK. Est-ce que quelqu’un est mort ? Non ? Bon, on va s’en remettre assez rapidement, donc.

Je trouve qu’on se libère assez facilement de la charge émotionnelle d’une erreur en allant rapidement vers la question : « pourquoi » ?

Cinq « Pourquoi » ?

Qu’est-ce qui a merdé ? Que ce soit exclusivement de ma faute, ou pas, ou partiellement, ça n’influe généralement que très peu sur la réflexion : « pourquoi » ?

J’en décline plusieurs. Au bout de cinq « pourquoi », on arrive généralement au fond du problème, et au passage, par déterminer les parts de responsabilités. Mais comme ce constat intervient après avoir éliminé la charge émotionnelle, c’est abordé beaucoup plus sereinement.

En 5 pourquoi, j’arrive à déterminer que si je suis ENCORE clouée à quai pour la troisième fois en un mois, c’est parce que je n’ai pas pensé à prendre en compte les conditions tropicales pouvant donner lieu à des problèmes d’oreille. Ma faute, j’ai omis de me préparer à une éventualité pourtant probable : celle de choper des micro-organismes capables de m’attaquer le tympan. [DISCLAIMER : tout va bien, hein. Je suis sous antibio + gouttes, c’est juste saoulant d’être encore une fois cloîtrée à terre. Mais les conditions météo actuelles font que personne ne plonge de toute façon, donc bon.]

« Comment » ?

Après les pourquoi, vient le temps des comment. Ok, j’ai compris l’enchaînement de facteurs et de faits qui ont généré mon problème, comment il s’est produit, je réfléchis alors à comment éviter qu’il ne se reproduise.

(Déjà, on parle de « problème », et plus « d’erreur ». Sans la charge émotionnelle, il ne reste que le substrat de l’erreur : c’est souvent un, ou plusieurs problèmes.)

C’est le moment d’identifier plusieurs étapes : la prévention, l’évitement, la résolution.

La prévention

La prévention consiste à réfléchir à toutes les mesures, actions, questions qui doivent être posées en amont d’une situation, pour empêcher l’apparition/ la formation du problème. Dans mon cas, il s’agit d’une liste de questions que je dois poser à mon médecin ORL certifié plongée, et de récupérer une ordonnance adéquate en amont de mon prochain voyage plongée. Easy peasy.

L’évitement

L’évitement consiste à réfléchir aux contingences, aux « plan B », à toutes les mesures, actions et décisions à prendre lorsque les premiers signes d’apparition du problème sont présents. On peut encore l’éviter, mais sans doute déjà plus l’empêcher.

Dans mon cas, il s’agit de la routine de soin appropriée contre les infections tropicales (clairement pas maîtrisée avant la première otite), ajoutée aux premiers soins à administrer dès les premiers symptômes (pas maîtrisés lors de cette deuxième occurence).

La résolution

Enfin, la (ou les) résolution(s) consiste(nt) à planifier les issues de secours, dans le cas où malgré nos mesures de prévention et d’évitement, on se retrouve confronté au même problème.

Je crois qu’il n’y a pas de baguette magique contre les otites, mais la moindre des choses, c’est d’avoir avec moi le traitement approprié, et ne pas dépendre de médecins locaux avec lesquels la communication est limitée, ni de médicaments dont je suis incapable de lire la notice d’utilisation [DISCLAIMER: not the case here]

Pas de destin, pas de fatalisme

Le but de ce processus d’apprentissage, c’est de lutter contre le fatalisme, et la spirale de l’échec. À analyser ses problèmes et ses erreurs, on évite de s’auto-convaincre que le destin joue contre nous. On évite de se laisser déposséder de ses capacités d’action, en se laissant convaincre qu’on n’y peut rien, contre les coups du sort…

Apprendre de ses erreurs est une base de l’empouvoirement, pour moi. C’est reconnaître et apprivoiser mon propre potentiel, estimer mes capacités à leur juste valeur, voire taper un peu plus haut (parce que j’ai toujours tendance à me sous-estimer).

On peut toujours apprendre. Les erreurs nous fournissent des leçons qui ne figurent pas dans les livres. Elles sont le feedback de l’expérience.

Elles sont trop précieuses pour être jetés dans la fosse aux échecs, abandonnées à mariner dans les regrets. Car Dieu sait que cette soupe est indigeste…

D. 36 Les habitudes qui tuent et les habitudes qui sauvent

Depuis le début de ma croisade contre les habitudes (jour 13, Force of habit), j’ai continué à réfléchir à ce qu’elles apportent VS ce qu’elles coûtent. Et j’en suis arrivée à la conclusion qu’il y a deux types d’habitudes : celles qui sauvent, et celles qui tuent.

Les habitudes qui sauvent, c’est le clic de la ceinture de sécurité, le tac-tac-tac-tac c’est bon j’ai mes clés, c’est le code de la CB, c’est vérifier la pièce jointe avant de cliquer sur envoyer. C’est tourner l’ouverture de la bouteille avant de mettre le bras dans le gilet. C’est regarder à droite, à gauche et puis à droite avant de traverser. C’est se relire avant de cliquer sur « envoyer ».

C’est les automatismes qui ne coûtent rien comparé aux drames qu’ils évitent.

Les habitudes qui tuent, c’est le « je connais la route par coeur », le « je pourrais m’équiper les yeux fermés ». Ce sont les mots qui viennent tous seuls parce qu’on écrit toujours les mêmes, les gestes qu’on fait sans y penser. Ce sont celles qui font que les jeunes singes agissent comme les vieux singes, sans se poser de question. C’est du goudron qui nous englue les plumes.

Les habitudes qui tuent sont celles qui n’ont pas de sens, juste l’illusion de la sécurité, maquillée en confort. C’est « si les clés ne sont pas sur le tableau, c’est qu’elles sont dans ma poche », parce que ça coûte moins d’effort de jeter un coup d’oeil que de tâter sa poche.

Les habitudes qui tuent endorment, les habitudes qui sauvent économisent de l’énergie sans compromettre la sécurité, la performance, la productivité, la créativité.

Ta réunion quotidienne ou hebdomadaire est une habitude qui tue si c’est juste une coquille vide, un RDV fixe qui existe parce qu’on le respecte. C’est une habitude qui sauve si elle sert à re-dynamiser une équipe comme la marée qui monte.

Tes TOC sont des habitudes qui tuent si tu sais plus pourquoi tu fais le tour de la cuisine avant de sortir de chez toi. C’est une habitude qui sauve si tu sais que tu vérifies l’état des plaques de cuisson et du robinet avant de t’absenter.

Voilà la clé de mon grand ménage : éliminer les habitudes qui tuent, et développer les habitudes qui sauvent.

Après deux semaines passées à plonger tous les jours, je pourrais m’équiper les yeux fermés. Mais est-ce que j’ai envie de me jeter à l’eau avec un équipement mis en place « par habitude » ?

Et comment je fais pour éviter que ça devienne une habitude ? C’est assez facile, au fond : je ne retiens pas les gestes, je retiens les raisons.

  • Faut que je flotte –> état de la stab (toutes les boucles)
  • Faut que je coule –> mes poids sont-ils bien en place ?
  • Faut que je voie –> Où est mon masque ?
  • Faut que je respire –> bouteille ouverte, détendeur fonctionnel, état de la réserve
  • Faut que je sache où j’en suis –> ordinateur
  • Faut que je me déplace –> palmes

Voilà. Pourquoi je fais les choses, ça peut pas devenir une habitude. Même si je fais la même chose tous les jours, plusieurs fois, je me rappelle à chaque fois : pourquoi je le fais.

Et ça, c’est une habitude qui sauve.

D. 34 L’envie et le besoin d’apprendre, ça s’apprend ?

Comment et pourquoi on apprend ? Je me suis fait la réflexion par 18 mètres de fond ce matin, en encadrant un couple de Belges, certifié Open Water avec sept plongées seulement au compteur.

Dans l’eau, ils gesticulent les bras comme si c’étaient des nageoires, et ils ont fini à 50 bars en trente minutes (il y avait du courant, je les voyais palmer comme des dératés).

Je les regardais bouger dans tous les sens, galérer à maintenir leur stabilité, et j’ai eu un flash de mes propres débuts. Y a pas de miroir sous l’eau, donc je ne me suis jamais vue, mais j’imagine que je ressemblais à ça, un pantin désarticulé qui secoue ses membres dans tous les sens.

J’ai progressé, j’ai appris, et maintenant c’est mon tour de pointer les erreurs et d’aider à progresser. Alors de retour sur le bateau, j’ai pris le temps de réfléchir au débrief que je voulais leur faire.

Ils sont en vacances, pas en formation, donc ça doit être bref et droit au but si je veux être efficace. Il faut que je leur donne des conseils ciblés, faciles à mettre en oeuvre, pas un cours théorique.

… Je leur dis quoi ?

J’ai pris le problème à l’envers. Been there, done that, alors qu’est-ce qu’on m’a dit, à moi ? Et qu’est-ce que j’avais besoin/envie d’entendre, quand j’étais à leur place ?

Pourquoi j’apprends ?

Tout ceci m’amenée à me poser la question : pourquoi j’apprends des trucs ? Et comment ? Si je décortique ça, je vais réussir à reproduire le schéma avec d’autres personnes. L’idée étant d’aider les gens à apprendre des trucs sans en avoir l’air, ce qui est particulièrement utile avec les gens (un peu) traumatisés de l’école et sa pédagogie du bâton.

J’apprends par curiosité : quelque chose retient mon attention parce que ça sort de l’ordinaire, j’ai envie d’en savoir plus. C’est un apprentissage motivé par l’envie.

J’apprends par pragmatisme et intérêt : quelque chose est utile, et va me servir à obtenir quelque chose d’autre par la suite. Ce sont des méthodes ou des connaissances que j’ai besoin d’acquérir comme outil, qui auront une utilité future. C’est un apprentissage motivé par la nécessité, le besoin.

J’apprends par défi, par challenge : quelque chose est inaccessible, ou difficile à atteindre. Apprendre devient aussi gratifiant que d’entreprendre l’ascension d’un sommet. On dit que c’est pour la vue, mais soyons honnête : si c’était pas l’effort en soi qu’on kiffait, on se contenterait des photos. C’est un apprentissage motivé par l’inspiration, le « drive » en anglais. L’intuition ? La « faim » ?

Sans surprise, j’apprends plus vite et plus efficacement quand ces trois canaux convergent, que lorsque je suis uniquement la voie de la nécessité. L’envie seule peut m’amener à court de motivation assez rapidement, c’est difficile à tenir sur le long terme. Et le défi est trop incertain de nature pour justifier un investissement trop important.

Mais combiner envie, besoin et challenge, c’est l’autoroute de l’apprentissage réussi.

Pour moi même, ou pour les autres, je dirais donc que la recette d’un apprentissage réussi, c’est :

  • Une bonne base de nécessité : identifier une compétence utile à acquérir et à développer.
  • Une couche généreuse d’envie : susciter la curiosité et l’intérêt pour cette compétence, qu’il y ait davantage à y gagner que juste la maîtrise d’un truc utile.
  • Un soupçon de challenge : les plus joueurs seront réceptifs à la simple présence d’un défi, pour les autres, il s’agit de donner le goût de l’effort (par exemple avec des points d’étapes pour mesurer le chemin parcouru). Et si y a pas de sommet à l’horizon, à moi d’en fixer un.

À creuser.

D. 33 Giving back is the greatest reward of all

Today was my first time diving with complete beginners. This German couple wanted to try diving, and what better place to do it than this remote backpackers’ camp, run by girls?!

I had spent quite some time with Andy (the guy), to share the tales of my first experience as a diver. I told him about my dread of going underwater, my panic attack on the boat, and about the adrenaline rush. I went on, telling my own diver’s story, and how much I had learned since then.

A day went by, and this morning, I found out that he and Frida had signed up to go on their very first dive with us. So I spent most of breakfast again with them, this time getting a bit more technical, and explaining the ear-equalising manoeuvre. I was careful not to overload them with information, merely taking a cue from their questions.

Frida was really tense, I could tell. So before we went for the dive, I told the Instructor about it. She took Frida with her to go down, and I stayed by Andy’s side. He barely had any trouble equalising, so we reached the bottom first.

We waited for Frida and Hannah to make it down as well. Then Hannah had them do the skills required before we could go on and do some exploring.

I stayed by Frida’s side the whole time, gesturing her to keep equalising as we went a bit deeper. I spotted a whip Ray half-buried in the sand, and signaled it to Hannah, who showed it to our buddies.

Andy got into some trouble keeping stabilised, which is perfectly normal for a beginner. But none of them encountered any major problem, and I kept checking with them all the way.

Hannah even discovered a baby shark and a blue spotted ray hanging out under a coral leaf, so I’d definitely call this very first dive a major treat.

We resurfaced, and though Frida seemed thoroughly relieved to be breathing above water (I inflated her BCD for her when she broke the surface), Andy was openly and vocally delighted.

Later than afternoon, I was walking towards my bungalow after having rinsed off and put away our gear. Frida was coming down, and as she saw me, she said:

« Thank you so much for this great experience! »

I could tell that it was sincere, because it felt great to hear.

Later still, I was cleaning my sunglasses by the restaurant, when Andy came along:

« Thank you so much for this afternoon, we are really grateful that you were with us, Frida felt so much better having you by her side all the time.

It was really amazing! You were so calm, it was so reassuring. And thank you so much for all the talks we had, I really hope you become an Instructor! And you should have a diving blog or something! »

Way ahead of you pal, way ahead of you… So « The Dive Never Ends » doesn’t have its first post up yet, but it already has a reader.

I’ve done it: I’ve shared my passion with someone else. Through words, conversation, I managed to convey that deep love for diving to another person. I even managed to break through the fear and apprehension building up to that very first dive.

Giving back feels amazing. It is the greatest reward of all. But in scuba diving, I can only do this for one person at a time.

By writing & working for a website, I can do it for hundreds, thousands of readers at a time. Granted, I don’t get an individual feedback, not every day. But I know. I know what I can do, what it means, even if there is no effective reward at the end of the day.

Giving back is the greatest reward. And I don’t need a pat in the back to know that I’ve done my job right. Yet every time I do, it’s always a surprise. That’s because I never take that reward for granted, I guess.

D. 29 Just Do It

J’ai l’impression d’avoir passé un contrôle technique. C’est l’effet que me font ces 29 jours d’introspection, alternance d’isolement et de rencontres choisies et subies, de réflexions, et cet effort quotidien de me poser ne serait-ce que cinq minutes pour écrire ce qui mérite d’être retenu de cette journée.

C’est souvent bien plus que cinq minutes, et ça n’a souvent pas grand chose à voir avec le déroulé de la journée. Ce qui me porte à croire que je serais capable de poursuivre l’exercice même en étant de retour à Paris. Reste à savoir si je garde cette adresse confidentielle, (ou plutôt, semi-confidentielle, parce que bon, c’est sur Internet quand même), ou si je partage mes réflexions. Je ne sais pas si j’ai atteint un niveau d’aisance suffisant pour ne pas être influencée ni dans la rédaction, ni dans le choix des sujets, par le fait de savoir que je suis lue. (#RéflexionEnCours)

Je passe la troisième

Contrôle technique, donc. Toute cette introspection, c’est un grand débroussaillage du bordel dans ma tête. Et les pensées circulent mieux dans des allées dégagées.

J’ai le sentiment d’avoir changé de vitesse, de ne plus perdre de temps dans des hésitations usantes. Aujourd’hui, j’avais un truc à faire : ficher le chapitre 9, sur la théorie de la plongée (mécanique, physique, chimie, biologie. Soixante pages. Tout un programme).

Sauf qu’à 10 heures, en mâchonnant un toast face à la mer, je pensais à mon ami Chris qui faisait la promotion de son blog de voyage. Sa page Facebook a 300 Likes, mais il arrive déjà à bosser avec des partenaires. Franchement, j’aimerais trop avoir un blog de plongée, sur lequel je pourrais publier tous les articles de plongée que je veux (madmoiZelle n’étant pas trop le média approprié pour mes nombreuses inspirations sur le sujet), mais en plus, je pourrais publier des reviews de centres, spots & croisières, et peut-être même être invitée à tester des spots, de temps en temps !

Je prends une semaine de vacances et je teste 2, 3 voire 4 spots, selon les possibilités… Ce serait génial ! Voilà qui me permettrait de combiner mes passions pour la plongée, le voyage ET l’écriture. Et ça pourrait me permettre de cultiver et développer mon investissement dans le domaine touristique, probable reconversion future post-mad…

Et si j’avais un blog de plongée ?!

Je crois qu’avant, ça m’aurait pris des semaines, des mois, voire, je l’aurais jamais fait. Je serais restée coincée dans mes plans imaginaires, mes schémas mentaux, mes listes de dans quel ordre faut faire les trucs, et bla bla bla…

10 heures. À midi, j’ai fermé l’ordi, et ouvert mon bouquin de théorie, pour attaquer le fameux chapitre 9. Entre temps, j’avais…

Créé (et acheté le nom de domaine de) mon blog de plongée (COMING SOON) The Dive Never Ends (c’est en ref à un mème, tu l’as ?!), nom trouvé à l’issue d’un brainsto intensif avec moi-même. J’ai aussi l’adresse gmail thediveneverends[at]gmail.com, qui forwarde sur ma gmail principale.

J’ai créé (mais pas publiée encore) la page Facebook du blog, et je me suis fait un compte Twitter spécial plongée (pour éviter de spammer mon compte perso). J’ai réussi à choper @Shark_B8t, j’suis bien contente.

Ah, et j’ai un dossier qui compte déjà une dizaine d’idées d’articles, dont deux pré-rédigés. Je vais faire comme pour ce blog, écrire en français et en anglais, mais pré-dominance d’anglais je pense. Ce site va me servir de passeport pro dans le monde de la plongée.

Ça va rester confidentiel jusqu’à ce que j’aie publié suffisamment d’articles pour que ça ait un peu de gueule, et si possible que j’aie obtenu mon Dive Master, pour que je puisse embrayer direct en mode #autopromo.

Just Do It, meuf. Ça va tellement plus vite que de passer mille ans à attendre… à attendre quoi, au fond ? Idée, test. Action, réaction. Intuition, test. Envie, action. Doute, question.

16 heures. J’ai fini le chapitre 9. Ça m’aura pris quatre heures quand même. Mais ça y est, j’ai bouclé la théorie du Dive Master. En trois jours.

« Ça, c’est fait. »

D. 28 Need for Speed

Ça va mieux. J’ai toujours la crève, mais j’ai l’esprit beaucoup moins embrouillé. C’est très paradoxal, mais du coup, j’ai eu beaucoup plus de mal à maintenir ma concentration sur la lecture de mon manuel de plongée, aujourd’hui.

Hier, je tournais au ralentit. J’avais qu’un seul « canal » ouvert, il suffisait de lire et de ne pas bouger pour que mon esprit, aussi embrumé qu’il était, imprime néanmoins l’essence de ma lecture en mémoire.

Mais aujourd’hui, la moindre phrase me lançait dans une fourche. Mes yeux lisaient déjà le paragraphe suivant, tandis que mon cerveau déroulait des fils dans tous les sens. Je devais mobiliser de l’énergie à me concentrer activement sur ma lecture, pour ne pas réfléchir d’un lobe aux différents scénarios pratiques que j’étais susceptible de rencontrer, à la lecture théorique en cours par l’autre lobe.

C’est une des raisons qui fait que je m’épuise toute seule, je crois bien. Je cours sans arrêt après mon esprit, au lieu d’investir de l’énergie à me ralentir quand c’est nécessaire. Rien ne va jamais assez vite, je ne parle pas assez vite, les autres ne répondent pas assez vite, les conversations ne vont pas assez vite, la lecture ne va pas assez vite, pas assez droit au but, pas assez à l’essentiel.

Je m’épuise à courir en me plaignant que c’est la faute du reste du monde si l’essence des choses est enfouie derrière tant de pertes de temps. Mais c’est de ma faute, je crée et je nourrie au moins autant de « bruits » parasites que ceux qui me fatiguent. Moi non plus, je ne vais pas à l’essentiel dans mes propres pensées.

Pourquoi je m’inflige la lecture extensive de tout un bouquin dont je connais déjà 70% du contenu, et dont le « test de connaissance » sera un QCM ? Pourquoi je ne saute pas l’étape « lire le bouquin comme on me l’a demandé », et que je n’attaque pas le problème exactement comme je devrais, c’est-à-dire en procédant à l’extraction de son essence :

– lire le sommaire
– identifier les notions clés
– passer sur chaque chapitre en diagonale et noter la notion-clé de chaque sous-section
– repasser sur le sommaire pour vérifier que je connais désormais la notion-clé de chaque titre
– croiser avec les tests de fin de chapitre pour vérifier que j’ai pas zappé une question utile à l’examen.

Le syndrome de la bonne élève

Pourquoi je fais pas ça, pourquoi je prends pas « le raccourci efficace » mais que je passe par la route principale ? Parce qu’on me l’a demandé. C’est le syndrome de la bonne élève, n’est-ce pas. Il faut suivre la consigne, suivre la méthode donnée par le prof. C’est une obligation de moyens ET de résultats. Mais se plier à l’obligation de moyens est une assurance de résultat : si je me plante, je pourrais me justifier « pourtant, j’ai bien lu le bouquin ! »

Si j’en fais qu’à ma tête et que j’échoue, j’ai pas d’excuse. C’était comme ça, à l’école.

Sauf qu’on n’est plus à l’école, et qu’au fond, il n’y a toujours eu que le résultat qui comptait. Et la méthode, elle ne me convient pas. J’emprunte une route qui me mène dans le mur, parce que les informations ne sont pas « rangées » correctement, et que le test (un QCM) me les demande de façon illogique.

Je sais expliquer toute la théorie de la plongée, mais je peux me planter dans un texte à trou, si « la » bonne réponse est celle qui est donnée dans le livre. Trouver un mot qui manque, c’est con, expliquer un concept, c’est compliqué. Résultat.

Je me comprends.

Faut vraiment que j’arrête de faire ça. La bonne élève. À qui je vais faire signer mon bulletin ? C’est mon temps que je perds, et mes nerfs que j’épuise à faire ce qu’on me demande au lieu de réussir ce qui est attendu.

Je dois assimiler un manuel de 250 pages. Pour la plupart des gens, ça passe par le lire. Et pour moi, ça passe par un autre chemin.

Au lieu de passer mon temps à pester que ça va pas assez vite, j’ai qu’à m’engager dans les raccourcis, et arrêter d’avoir peur de me faire engueuler si on me chope à traîner loin des rues principales.

Je me comprends.

J’aurais pu intituler ce billet « Fuck You Hermione Granger », mais ça aurait été de la mauvaise foi. Même Hermione a compris qu’elle avait le droit de tracer sa propre route quand il n’y avait pas de voie assez efficace pour atteindre ses objectifs.