Crashing Waves

Happy Birthday, bitch. Un peu en avance, je sais. Mais comme je te sens piétiner juste derrière la porte, je prends les devants.

Le 23 juillet 2017, je t’écrivais une lettre de rupture. Connasse.

Et ne crois pas que je ne t’ai pas vue, pas sentie, que je n’ai pas subi tes assauts, tout au long de l’année. Tenir la rupture est presque aussi difficile qu’entretenir une relation, je crois.

Parce que tenir la rupture avec toi, ça veut dire entretenir ma relation à moi-même. Et c’était plus facile, il est vrai, de se laisser porter par tes courants.

Plusieurs fois, j’ai senti le niveau de l’eau monter. Silencieuse, douce, tiède et irrésistible. Ça va, je respire toujours. Mais mes mouvements sont de plus en plus lents et difficiles, contraints par la résistance et l’inertie de toute cette eau qui ne cesse de monter.

Lorsqu’elle atteint les yeux, je suis déjà en train de me noyer.

Tu m’étonnes que je chiale en écoutant La Marée, de L.E.J. C’est notre chanson, à toi et moi. Connasse.

La marée monte, inexorable, et lutter m’épuise. Mais si je cède, c’est la noyade. Alors je m’équilibre. Comme je peux.

Je m’appuie sur les autres, un peu. C’est nouveau. Avant j’étais seule, et tu profitais de cette solitude pour m’emmurer dedans.

C’est plus difficile pour toi de me pourrir la tête lorsque je trouve autour de moi des épaules plus solides que les miennes pour la reposer.

Parfois les autres flanchent parce qu’ils sont tout aussi humains que moi. Tu reviens à la charge. Tu les accuses de trahison, et c’est un comble venant de toi, la pire des traitresses, toi qui avances masquée, larvée, vicieuse, sournoise. Connasse.

Je vacille mais ce n’est pas de leur faute. C’est de la tienne. C’est toi qui me déséquilibre. Je tiens debout seule, et je le sais. Je résiste mieux aux assauts de tes vagues lorsque je ne suis pas seule, je le sais aussi. Mais je résiste quoiqu’il arrive.

La marée monte, mais je résisterai. Bon anniversaire de rupture, connasse. Tu traînes toujours dans les parages mais tu ne partages plus mon lit, mes repas, mes doutes, tu ne dilues plus mes plaisirs et tu ne fais plus partie de ma vie.

La marée monte et je fais avec. Hier je retenais ma respiration, aujourd’hui je prends de la hauteur. À chaque fois que l’eau monte, je cherche à monter aussi. Tu ne me laisses pas le choix, et je ne ferai plus jamais celui de te céder.

Tes vagues continuent de s’écraser à mes pieds. Elles m’éclaboussent encore, parfois. Tu entaches mon quotidien, lorsque l’eau monte plus vite que moi. C’est pas grave. J’ai appris à marcher à contre-courant de tes vagues.

Je les laisse s’écraser lorsqu’elles deviennent trop menaçantes. Résister, c’est parfois accepter de subir, pour ne jamais céder.

Je n’ai plus peur de toi, connasse. Dans une semaine, ça fera un an que j’ai tourné cette page. Et il y a deux semaines, ça faisait un an que j’écrivais ces mots:

« Plus jamais je ne souffre pour m’apprendre à ne plus souffrir »

Tout ça c’est derrière moi. Tu es derrière moi, et plus accrochée à mon dos.

Bon débarras. Connasse.

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